Close Menu
    What's Hot

    Zéro enfant mal assis : une promesse encore loin de la réalité

    31 mars 2026

    Pénurie de carburant : le déni des autorités face à une situation critique

    29 mars 2026

    Burundi – Candidature de Macky Sall à l’ONU : que s’est-il vraiment passé ?

    28 mars 2026
    Facebook X (Twitter) Instagram
    Tendances
    • Zéro enfant mal assis : une promesse encore loin de la réalité
    • Pénurie de carburant : le déni des autorités face à une situation critique
    • Burundi – Candidature de Macky Sall à l’ONU : que s’est-il vraiment passé ?
    • Accord sanitaire USA-Burundi : un partenariat vraiment « gagnant-gagnant » ?
    • Faux, Mulapal est une arnaque bien rodée qui piège des centaines de Burundais
    • Migration des Burundais : derrière le “succès” officiel, un système d’abus et de traite documenté
    • Burundi : un terrain politique équitable ? Ce que révèlent déclarations et faits
    • Titre foncier électronique : réforme de sécurisation ou nouvelle taxe déguisée ?
    Email: info@burundifacts.org
    Burundi Facts
    Facebook X (Twitter) LinkedIn
    ABONNEZ-VOUS
    mardi, 18 août 2026
    • Accueil
    • Fact-Checks
      • Economie
      • Politique
      • Société
      • Guides
      • Environnement
    • Burundi Fact-sheets
      • Données statistiques
      • Analyses Approfondies
    • À Propos
      • Qui sommes-nous
      • Ligne éditoriale
      • Communiqués
    • Équipe
      • Qui sont nos fact-checkers?
    • Contactez-Nous
    • Français
    • Kirundi
    Facebook X (Twitter)
    Burundi Facts
    Home » Meurtres des religieuses de Kamenge : ce que révèle l’enquête italienne sur un possible crime commandité

    Meurtres des religieuses de Kamenge : ce que révèle l’enquête italienne sur un possible crime commandité

    0
    By BURUNDI FACTS on 3 mars 2026 Analyses Approfondies
    Share
    Facebook Twitter LinkedIn Email Reddit Telegram WhatsApp Copy Link

    En Septembre 2014, trois sœurs xavériennes italiennes étaient sauvagement assassinées dans leur couvent de Kamenge. La police burundaise avait rapidement arrêté un marginal présenté comme « déséquilibré », qui avait avoué. Douze ans plus tard, cette version officielle vole en éclats. La justice italienne vient d’arrêter et d’inculper Guillaume Harushimana, un ex-agent des renseignements burundais, comme intermédiaire d’un crime commandité par le général Adolphe Nshimirimana. Retour sur une affaire qui ressemble de plus en plus à un crime commandité au plus haut sommet de l’État.

    Le 07 Septembre 2014, les religieuses Sœur Olga Raschietti (83 ans) et Sœur Lucia Pulici (75 ans) ont été retrouvées le Dimanche après-midi, violées et assassinées – l’une égorgée et l’autre frappée à coups de pierre – au sein de la Paroisse Guido Maria Conforti de Kamenge, au nord de Bujumbura. Le lendemain matin, Sœur Bernadetta Boggian (79 ans) a été retrouvée décapitée dans sa chambre, la seule laissée ouverte. Ces circonstances ont choqué la communauté internationale et profondément ému la population burundaise.

    Alors que les corps des deux premières victimes étaient transportés à l’hôpital Roi Khaled, la paroisse était restée gardée par des militaires et des policiers postés autour de l’enclos. Cette protection, pourtant présente, n’a pas empêché l’assassinat de la troisième religieuse. Le père Mario Pulcini, prêtre italien installé à Kamenge, a expliqué que la troisième victime l’avait appelé vers minuit, car elle entendait des bruits dans le couvent.

    L’arrestation du meurtrier présumé

    Le 09 Septembre 2014, le porte-parole de la police de l’époque confirmait l’arrestation de l’assassin présumé. « L’assassin présumé des trois nonnes est entre nos mains, il a déjà avoué », déclarait le colonel Helménegilde Harimenshi.

    Christian Butoyi, auteur présumé des trois meurtres, avait reconnu les faits sans montrer aucun remords. Il indiquait avoir agi pour se venger car la paroisse avait été bâtie sur le terrain où se trouvait la maison de ses parents. Plusieurs sources indiquaient que Butoyi avait vendu un téléphone portable appartenant à l’une des religieuses. En constatant que les contacts étaient italiens, l’acheteur avait eu des doutes et rapidement contacté la police. Le suspect, présenté comme souffrant de troubles mentaux, a été interné dans un centre psychiatrique.

    Plusieurs zones d’ombres

    Très vite, cette version officielle a suscité des doutes. Au vu des circonstances – le meurtre s’est déroulé en deux temps – et du profil du supposé meurtrier, connu dans le quartier comme un déséquilibré, cette version n’a que très peu convaincu.

    En Janvier 2015, l’affaire rebondissait à la suite de révélations de la Radio publique africaine (RPA), qui affirmait détenir l’enregistrement d’un homme se présentant comme appartenant à un mystérieux « commando criminel ». Cet enregistrement mettait en cause le puissant chef des renseignements, Adolphe Nshimirimana, assassiné en Août 2015. Le directeur de la RPA, Bob Rugurika, qui a refusé de révéler l’identité de sa source, avait été arrêté et accusé de complicité dans l’assassinat des religieuses.

    Les questions s’accumulaient. Où étaient les policiers quand l’assassin ou les assassins sont revenus à 2 heures du matin pour tuer une autre sœur ? Toutes les sœurs tuées sont italiennes : pourquoi le ou les assassins ne se sont-ils pas attaqués aux autres religieuses présentes, une Rwandaise et une Congolaise, qui dormaient également dans le couvent et n’ont rien entendu ?

    Pourquoi tuer de vieilles sœurs, partir en laissant l’argent et en volant un téléphone de faible valeur ? Comment un homme vivant dans les caniveaux, que les habitants de Kamenge décrivent comme « dérangé », a-t-il pu tuer, se cacher dans un endroit où grouillaient des policiers, revenir tuer une troisième fois et repartir avec un téléphone ?

    La criminologue Nadine Nibigira a soulevé de nombreuses incohérences : contradictions sur l’heure de l’arrestation, flou autour de l’identité de la personne ayant alerté la police, absence d’expertise médicale pour confirmer l’état mental de Butoyi, et surtout, le fait que l’acheteur du téléphone – libre – ait été interrogé discrètement par un procureur et non par un officier de police judiciaire.

    Ce que disait Bob Rugurika

    Bob Rugurika, aujourd’hui en exil, a affirmé en 2021 que ce crime était « un crime d’État ». Selon lui, ceux qui ont exécuté les trois sœurs l’ont fait sur ordre des plus hautes autorités du pays. Il a pointé du doigt le patron des services de renseignements Adolphe Nshimirimana, Gervais Ndirakobuca, alors Ministre de l’intérieur, et a affirmé que le président Pierre Nkurunziza était au courant du crime.

    Les « vrais » meurtriers, devenus ses sources, auraient été arrêtés et liquidés par des agents de renseignement par la suite. Selon Rugurika, l’un des mobiles était de « supprimer certaines pistes qui mènent sur la fameuse affaire des entraînements paramilitaires en RDC organisés par le régime dans la région de Kiliba ». L’autre mobile, plus inquiétant encore, concernerait des pratiques occultes : des marabouts auraient demandé à l’ancien patron des renseignements et à l’ancien président de leur donner du sang de personnes blanches pour renforcer le pouvoir du régime.

    Le rebondissement : une arrestation en Italie

    Dans l’enquête de la journaliste italienne Giusy Baioni, un nom revenait avec insistance. Pas dans les communiqués officiels, pas dans la version servie au public en 2014, mais dans les témoignages recueillis prudemment au fil des ans : Guillaume Harushimana.

    Au fil de ses recherches, Giusy Baioni a rassemblé des éléments, croisé des sources, comparé des récits. Elle est arrivée à la conclusion que la thèse du « déséquilibré isolé » n’était pas suffisante et que le crime s’inscrivait dans un contexte politique et sécuritaire plus large. Dans cette architecture opaque est apparu le nom de Guillaume Harushimana.

    Ces dernières années, Harushimana vivait en Italie. Le 26 Février dernier, selon un communiqué du procureur de la République près le tribunal de Parme, il a été arrêté à Parme, fortement soupçonné du triple meurtre. La mesure a été exécutée par les carabiniers en application d’une ordonnance du juge des enquêtes préliminaires.

    L’enquête, deux fois classée faute d’éléments permettant de la poursuivre, a été relancée en 2024 après la publication du livre de Giusy Baioni. Le Burundais arrêté, Guillaume Harushimana, âgé d’une cinquantaine d’années, était « le collaborateur » du général Adolphe Nshimirimana, ancien chef de la police secrète, lui-même assassiné par la suite, selon le communiqué du parquet de Parme.

    Ce que révèle la justice italienne

    Guillaume Harushimana est soupçonné d’avoir été l’intermédiaire entre le général et les meurtriers et d’avoir fourni à ces derniers les clés de l’appartement dans lequel vivaient les trois sœurs. Selon la justice italienne, le général aurait ordonné le meurtre de ces trois religieuses car elles « refusaient de collaborer » pour aider les milices burundaises au Congo (RDC).

    Il y aurait eu aussi un motif de caractère « ésotérique » et religieux, le général ayant exigé que ces religieuses soient tuées d’une manière qui serait de bon augure pour sa candidature à la présidence du pays, ce qui expliquerait la sauvagerie des meurtres, selon le parquet.

    La justice burundaise avait arrêté un jeune homme dans le quartier de Kamenge, près du couvent, peu après les faits. Celui-ci, qui passe pour un « déséquilibré », était accusé d’être le seul responsable de ce triple meurtre et a été écroué. Cette thèse n’avait guère convaincu au Burundi, en raison notamment d’une présence massive de policiers sur les lieux du crime lors de l’assassinat de la troisième religieuse, tuée plusieurs heures après les deux premières. Cet élément a par ailleurs été souligné également par le parquet de Parme qui y voit une preuve supplémentaire de la participation de la police secrète à ce meurtre.

    Le général Adolphe Nshimirimana, alors chef du Service national de renseignement (SNR), était l’un des principaux dignitaires sécuritaires du régime de Pierre Nkurunziza, et un membre éminent de la rébellion du CNDD-FDD durant la guerre civile burundaise, formation au pouvoir depuis 2005.

    Le fait est majeur : un homme cité comme suspect dans une enquête indépendante sur le triple meurtre de Kamenge fait désormais l’objet d’une procédure devant la justice italienne. L’affaire, que beaucoup croyaient close, entre dans une nouvelle phase.

    Son arrestation ne dit pas encore la vérité judiciaire. Elle ne condamne personne. Mais elle confirme une chose : l’histoire ne s’arrêtait pas à la version officielle. Les différentes phases de la procédure vont maintenant commencer, et cela ne sera pas rapide. Harushimana, sur décision du juge, restera détenu dans l’attente des suites judiciaires, afin d’éviter tout risque de fuite.

    Conclusion

    Douze ans après le drame, le mur de la version officielle burundaise s’est effondré. Ce n’est plus seulement la société civile, les journalistes exilés ou les familles des victimes qui parlent de « crime d’État ». C’est désormais la justice italienne qui, pièces à l’appui, accuse formellement un agent des renseignements burundais d’avoir organisé l’assassinat des trois sœurs xavériennes.

    L’arrestation de Guillaume Harushimana à Parme est un séisme judiciaire. Elle valide ce que beaucoup murmuraient depuis le début : Christian Butoyi, le « fou » de Kamenge, n’était qu’un leurre, un fusible commode pour protéger les véritables commanditaires. La présence de policiers sur les lieux lors du troisième meurtre, les incohérences de l’enquête, les témoins gênés, tout converge désormais vers une même réalité : ces religieuses âgées ont été sacrifiées sur l’autel des luttes de pouvoir et des croyances occultes au sommet de l’État burundais.

    Les motifs révélés par le parquet de Parme – refus de collaborer aux milices burundaises en RDC et rituels ésotériques pour favoriser une candidature présidentielle – dessinent l’horreur dans sa forme la plus froide. Elles n’étaient pas des cibles aléatoires. Elles étaient des obstacles, puis des offrandes.

    Reste une question, et elle est immense : la justice burundaise, qui a verrouillé ce dossier pendant douze ans, qui a emprisonné ceux qui cherchaient la vérité, qui a laissé un marginal croupir en psychiatrie à la place des vrais coupables, saura-t-elle enfin regarder l’Histoire en face ? Ou faudra-t-il que la justice italienne porte seule, jusqu’au bout, le poids de cette vérité ?

    ____________________________________________

    Photo : Les trois religieuses italiennes assassinées en septembre 2014 à la paroisse Guido Maria Conforti de Kamenge : Sœur Olga Raschietti (83 ans), Sœur Lucia Pulici (75 ans) et Sœur Bernadetta Boggian (79 ans). Douze ans après les faits, l’enquête connaît un nouveau tournant avec l’arrestation en Italie d’un ancien agent du SNR. © Iwacu

    Related Posts

    Accord sanitaire USA-Burundi : un partenariat vraiment « gagnant-gagnant » ?

    27 mars 20269 Mins Read

    Migration des Burundais : derrière le “succès” officiel, un système d’abus et de traite documenté

    25 mars 20268 Mins Read

    Derrière la rumeur de « vol de sexe », un phénomène psychologique bien connu

    11 mars 20265 Mins Read

    LAISSER UN COMMENTAIRE Cancel Reply

    ARTICLES PHARES
    Economie

    Le carburant au Burundi, un problème à plusieurs inconnus

    10 juillet 2024

    Abonnez-Vous

    Recevez les dernières nouvelles de Burundi Facts

    * indique "obligatoire"
    /* real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups */

    Intuit Mailchimp

    À une époque où les fausses informations prolifèrent non seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les médias traditionnels (radio, télévision, journaux) au Burundi, et où certaines personnalités publiques usent d’un discours versatile pouvant induire la population en erreur, il est du devoir de chacun de se consacrer à la vérification des faits.

    ANALYSES PHARES

    Le carburant au Burundi, un problème à plusieurs inconnus

    10 juillet 2024

    Abonnez-Vous

    Recevez les dernières nouvelles de Burundi Facts

    * indique "obligatoire"
    /* real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups */

    Intuit Mailchimp

    Facebook X (Twitter)
    © 2026 BurundiFacts. Designed by Oracom Web Solutions.

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.