Close Menu
    What's Hot

    Pensions alignées sur le dernier salaire : ce que prévoyait la loi de 2022 et pourquoi le gouvernement recule en 2026

    15 janvier 2026

    Mutuelle de la Fonction publique : la Cour des comptes confirme de graves dysfonctionnements

    14 janvier 2026

    Non, IshowSpeed n’est pas venu au Burundi : des images générées par IA créent la confusion

    14 janvier 2026
    Facebook X (Twitter) Instagram
    Tendances
    • Pensions alignées sur le dernier salaire : ce que prévoyait la loi de 2022 et pourquoi le gouvernement recule en 2026
    • Mutuelle de la Fonction publique : la Cour des comptes confirme de graves dysfonctionnements
    • Non, IshowSpeed n’est pas venu au Burundi : des images générées par IA créent la confusion
    • Rapatriement forcé déguisé : les faits contredisent la version du HCR dans les camps burundais de Tanzanie
    • Chaussures obligatoires à l’école à Gitega : mesure sanitaire ou facteur d’exclusion scolaire ?
    • Affaire FOMI : aucun paiement confirmé, un audit en cours et de lourdes zones d’ombre
    • Discours de haine en RDC et au Burundi : faits établis, impunité documentée et responsabilités politiques
    • Burundi : minerais ou avocats, quelles solutions face à la crise du carburant ?
    Email: info@burundifacts.org
    Burundi Facts
    Facebook X (Twitter) LinkedIn
    ABONNEZ-VOUS
    vendredi, 16 janvier 2026
    • Accueil
    • Fact-Checks
      • Economie
      • Politique
      • Société
      • Guides
      • Environnement
    • Burundi Fact-sheets
      • Données statistiques
      • Analyses Approfondies
    • À Propos
      • Qui sommes-nous
      • Ligne éditoriale
      • Communiqués
    • Équipe
      • Qui sont nos fact-checkers?
    • Contactez-Nous
    • Français
    • Kirundi
    Facebook X (Twitter)
    Burundi Facts
    Home » Le Yuan chinois, une solution à la crise économique du Burundi ? Une mesure controversée

    Le Yuan chinois, une solution à la crise économique du Burundi ? Une mesure controversée

    0
    By BURUNDI FACTS on 6 août 2025 Economie
    Share
    Facebook Twitter LinkedIn Email Reddit Telegram WhatsApp Copy Link

    Le 31 juillet 2025, la Banque de la République du Burundi (BRB) a officiellement introduit le Yuan chinois (CNY) comme devise dans les transactions commerciales. L’objectif affiché : faciliter les paiements pour les importations en provenance de Chine et alléger la pression sur les réserves en dollars. Une phase pilote a été lancée, impliquant une vingtaine d’entreprises, avec la promesse que les banques interviendraient pour le compte de leurs clients, aux frais de la BRB.

    Mais derrière cette initiative, plusieurs questions surgissent : peut-elle réellement contribuer à résoudre la crise économique que traverse le pays ? Ou risque-t-elle d’accentuer les déséquilibres existants ? Deux économistes burundais livrent leur analyse, et leurs réponses sont pour le moins nuancées.

    Une mesure « insuffisante » selon l’économiste Diomède Ninteretse

    Pour l’économiste Diomède Ninteretse, cette mesure ne constitue pas une réponse structurelle à la crise économique. Il pointe plusieurs vulnérabilités :

    Risque de dépendance économique unilatérale

    Selon lui, accorder la priorité au yuan expose le Burundi à une dépendance accrue vis-à-vis de la Chine.

    « Une telle orientation peut affaiblir notre souveraineté économique à long terme », prévient-il.

    Il souligne que même la Chine, malgré sa puissance, reste soumise à la pression du dollar :
    « Elle a dû accepter des droits de douane de 15 % avec les États-Unis. Cela prouve que le dollar reste la monnaie dominante. »

    Faible convertibilité du yuan

    Le yuan est une monnaie dite semi-convertible, ce qui limite sa circulation sur les marchés internationaux.

    « Pour beaucoup de commerçants, il faudra le convertir d’abord en dollars, ce qui ajoute des complications, voire encourage des transactions hors du cadre légal. »

    Un système encore peu maîtrisé

    Ninteretse note également un manque de familiarité des commerçants avec les mécanismes de paiement en yuan : « Les questions de taux de conversion, de banques correspondantes ou d’utilisation via SWIFT ne sont pas encore maîtrisées. »

    Contraintes du réseau SWIFT

    Le yuan reste marginal dans le système SWIFT, ce réseau mondial sécurisé utilisé pour les paiements internationaux. Contrairement au dollar ou à l’euro, peu de banques disposent de comptes correspondants en yuan.

    « Les banques burundaises doivent passer par des intermédiaires en Chine ou à Hong Kong, ce qui rallonge les délais et augmente les coûts. »

    Risque d’exclusion du secteur informel

    Autre écueil : la mesure pourrait ne profiter qu’aux opérateurs formellement enregistrés auprès de la BRB.

    « Le secteur informel, qui reste vital dans notre économie, pourrait être exclu de ce dispositif. »

    Il rappelle que l’écart entre le taux officiel et le marché parallèle des devises n’est toujours pas résolu.

    Pour Faustin Ndikumana (PARCEM), le problème est structurel, pas monétaire

    Faustin Ndikumana, économiste et directeur national de l’ONG PARCEM, adopte une approche plus systémique. Pour lui, la crise des devises ne peut être résolue par un simple changement de monnaie d’échange.

    L’origine des devises étrangères

    Il rappelle que les devises sont générées par les exportations, les aides au développement, les investissements étrangers, les transferts de la diaspora ou encore le tourisme.

    « Mais ces recettes sont utilisées pour importer, payer la dette, les frais diplomatiques, etc. Tant qu’on importe plus qu’on exporte, le déséquilibre persiste. »

    Le dollar, toujours dominant

    Aujourd’hui, 60 % des réserves mondiales sont en dollars, et plus de la moitié des échanges internationaux utilisent cette monnaie.

    « Cela confère au dollar une flexibilité incomparable dans le commerce mondial, permettant au pays de diversifier ses partenaires. »

    Une balance commerciale Chine-Burundi déséquilibrée

    Ndikumana souligne un déficit de 30 % dans les échanges commerciaux avec la Chine.

    « Il faut s’interroger : quelles sont nos exportations vers la Chine ? Quels sont les montants transférés par notre diaspora en Chine ? Et a-t-on des réserves suffisantes en yuans pour nos importations ? »

    Un risque d’imposition des importations chinoises

    Le gouvernement pourrait, selon lui, être tenté d’orienter les importations exclusivement vers la Chine pour écouler ses réserves en yuan.

    « Cela limiterait la diversité des produits et pourrait nuire à la qualité de ce qui est proposé aux consommateurs. »

    Une forme de néocolonialisme déguisé ?

    Il va jusqu’à qualifier cette orientation d’inspiration néocoloniale : « Tous les équipements financés par des projets chinois doivent être achetés en Chine. On retrouve le même mécanisme que sous la colonisation, où la métropole imposait ses produits. »

    Souveraineté monétaire compromise

    Enfin, il s’inquiète du fait que la Chine conserve un contrôle total sur la valeur de sa monnaie.

    « Le taux de change, la convertibilité, les volumes disponibles… Tout dépend de Pékin. Le Burundi pourrait perdre une partie de sa souveraineté économique. »

    Conclusion : Un pari risqué dans un contexte incertain

    L’introduction du yuan chinois dans les transactions burundaises s’inscrit dans un contexte de crise persistante des devises, marqué par un accès limité au dollar. Si la mesure peut sembler pragmatique à court terme, les avis d’experts montrent qu’elle ne traite pas les racines du problème : déséquilibre commercial, faible diversification économique, dépendance extérieure.

    Pour éviter que cette stratégie ne devienne un piège géopolitique ou un facteur de déséquilibre supplémentaire, il est impératif que le gouvernement :

    • évalue sa capacité réelle à accumuler et gérer des réserves en yuans,

    • évite toute forme d’imposition exclusive aux opérateurs économiques,

    • et veille à préserver la diversité commerciale et l’indépendance économique du pays.

    En somme, le yuan ne pourra être qu’un outil ponctuel, et non une panacée, à condition qu’il soit intégré dans une politique macroéconomique cohérente et souveraine.

    ________________________________________________

    Photo : Les locaux de la Banque de la République du Burundi (BRB), à l’origine de l’introduction récente du yuan chinois dans les transactions commerciales.

    Related Posts

    Affaire FOMI : aucun paiement confirmé, un audit en cours et de lourdes zones d’ombre

    10 janvier 20264 Mins Read

    Burundi : minerais ou avocats, quelles solutions face à la crise du carburant ?

    8 janvier 20265 Mins Read

    Bras de fer entre le ministre des Finances et FOMI : qui a raison ?

    4 janvier 20265 Mins Read

    LAISSER UN COMMENTAIRE Cancel Reply

    ARTICLES PHARES
    Economie

    Le carburant au Burundi, un problème à plusieurs inconnus

    10 juillet 2024

    Abonnez-Vous

    Recevez les dernières nouvelles de Burundi Facts

    * indique "obligatoire"
    /* real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups */

    Intuit Mailchimp

    À une époque où les fausses informations prolifèrent non seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les médias traditionnels (radio, télévision, journaux) au Burundi, et où certaines personnalités publiques usent d’un discours versatile pouvant induire la population en erreur, il est du devoir de chacun de se consacrer à la vérification des faits.

    ANALYSES PHARES

    Le carburant au Burundi, un problème à plusieurs inconnus

    10 juillet 2024

    Abonnez-Vous

    Recevez les dernières nouvelles de Burundi Facts

    * indique "obligatoire"
    /* real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups */

    Intuit Mailchimp

    Facebook X (Twitter)
    © 2026 BurundiFacts. Designed by Oracom Web Solutions.

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.