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    Burundi – 1 800 enseignants ont quitté leurs postes : crise structurelle ou phénomène conjoncturel ?

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    By BURUNDI FACTS on 27 février 2026 Société
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    Le 19 février 2026, le ministre de l’éducation nationale et de la recherche scientifique, François Havyarimana, a révélé sur la Radio nationale et Radio Nderagakura que près de 1 800 enseignants avaient quitté leurs postes dans les écoles fondamentales et post-fondamentales entre août 2025 et janvier 2026. Une annonce qui a immédiatement relancé le débat public sur la situation critique du système éducatif burundais. Mais que signifient réellement ces chiffres ?

    Le ministre a précisé que ces départs touchent l’ensemble du système scolaire, de l’enseignement fondamental aux écoles secondaires. Il a également indiqué que 47 titulaires d’un doctorat avaient quitté le pays depuis 2020, soulignant ainsi une fuite de compétences hautement qualifiées.

    Ces chiffres constituent les premières données officielles sur un phénomène évoqué depuis des mois mais jusqu’ici non quantifié. Pour François Havyarimana, « la situation n’est pas seulement inquiétante : elle constitue un signal d’alarme pour l’avenir du pays. »

    Un système éducatif déjà sous tension

    Pour mesurer l’ampleur du problème, il faut replacer ces chiffres dans leur contexte. Jusqu’en 2022, le Burundi comptait environ 33 000 enseignants dans le cycle fondamental et post-fondamental, un nombre déjà jugé insuffisant pour répondre aux besoins du système.

    En 2025, les autorités estimaient qu’il manquait 12 000 enseignants pour atteindre un fonctionnement normal du système éducatif. Sur ces 12 000 postes, seuls 642 recrutements avaient été effectués. L’exode des 1 800 enseignants sur six mois ne fait qu’aggraver cette situation déjà fragile.

    En proportion, ces départs représentent près de 5 % du corps enseignant existant, un chiffre important lorsqu’on ajoute le déficit structurel chronique. Les conséquences sont immédiates : classes surchargées, suivi pédagogique difficile et qualité de l’enseignement directement affectée.

    Salaires faibles et conditions de travail : causes majeures de l’exode

    La principale raison évoquée pour ces départs reste la faiblesse des salaires. Selon la fédération nationale des syndicats du secteur de l’éducation au Burundi (FENASEB), un enseignant titulaire d’un diplôme universitaire gagne moins de 400 000 francs burundais par mois, soit l’équivalent d’un peu plus de 50 kg de riz aux prix actuels.

    Le ministre François Havyarimana affirme toutefois que, dans le contexte actuel, l’État ne dispose pas des moyens nécessaires pour augmenter les salaires. « En tant que ministre, s’il y avait des moyens, il est vrai qu’il serait nécessaire d’augmenter les salaires des enseignants. Mais dans les conditions actuelles, je ne pense pas que le gouvernement ait la capacité de le faire », a-t-il précisé. Mais, cette situation crée un cercle vicieux : des enseignants surchargés et sous-payés quittent la profession, aggravant le déficit et laissant ceux qui restent dans une précarité professionnelle et morale.

    Une fuite de compétences qui dépasse l’enseignement…

    L’exode ne concerne pas uniquement les enseignants. Médecins, techniciens et jeunes diplômés quittent également le pays, souvent vers la Zambie, le Kenya, le Malawi ou des pays du Golfe.

    Dans l’enseignement supérieur, le départ de 47 titulaires de doctorat depuis 2020 confirme la pression sur les compétences qualifiées. Ce phénomène représente une perte importante de capital humain, avec des conséquences directes sur le développement national et la réalisation des ambitions de la Vision 2040–2060, qui vise à faire du Burundi un pays émergent, puis développé.

    Impacts concrets sur le système éducatif

    Selon Antoine Manuma, représentant du FENASEB, la fuite des enseignants accentue un déficit déjà structurel. Les conséquences se font sentir dans plusieurs domaines :

    Classes surchargées et qualité de l’enseignement en baisse ;

    Manque d’enseignants spécialisés pour certaines disciplines ;

    Retard dans l’application des programmes pédagogiques ;

    Difficultés accrues pour atteindre les objectifs nationaux de développement éducatif.

    Le FENASEB souligne que : « Cette situation compromet gravement les ambitions du pays. Mais l’impact exact reste difficile à mesurer, faute de statistiques sur les remplacements et sur l’évolution du ratio élèves/enseignant. »

    ____________________________________________

    Photo : Une institutrice face à une classe bondée : illustration des tensions qui pèsent sur le système éducatif burundais après le départ de 1 800 enseignants en six mois. © DR

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