Close Menu
    What's Hot

    Zéro enfant mal assis : une promesse encore loin de la réalité

    31 mars 2026

    Pénurie de carburant : le déni des autorités face à une situation critique

    29 mars 2026

    Burundi – Candidature de Macky Sall à l’ONU : que s’est-il vraiment passé ?

    28 mars 2026
    Facebook X (Twitter) Instagram
    Tendances
    • Zéro enfant mal assis : une promesse encore loin de la réalité
    • Pénurie de carburant : le déni des autorités face à une situation critique
    • Burundi – Candidature de Macky Sall à l’ONU : que s’est-il vraiment passé ?
    • Accord sanitaire USA-Burundi : un partenariat vraiment « gagnant-gagnant » ?
    • Faux, Mulapal est une arnaque bien rodée qui piège des centaines de Burundais
    • Migration des Burundais : derrière le “succès” officiel, un système d’abus et de traite documenté
    • Burundi : un terrain politique équitable ? Ce que révèlent déclarations et faits
    • Titre foncier électronique : réforme de sécurisation ou nouvelle taxe déguisée ?
    Email: info@burundifacts.org
    Burundi Facts
    Facebook X (Twitter) LinkedIn
    ABONNEZ-VOUS
    mardi, 18 août 2026
    • Accueil
    • Fact-Checks
      • Economie
      • Politique
      • Société
      • Guides
      • Environnement
    • Burundi Fact-sheets
      • Données statistiques
      • Analyses Approfondies
    • À Propos
      • Qui sommes-nous
      • Ligne éditoriale
      • Communiqués
    • Équipe
      • Qui sont nos fact-checkers?
    • Contactez-Nous
    • Français
    • Kirundi
    Facebook X (Twitter)
    Burundi Facts
    Home » Une Nation en marche : ouvrage intellectuellement neutre ou autoglorification du pouvoir ?

    Une Nation en marche : ouvrage intellectuellement neutre ou autoglorification du pouvoir ?

    0
    By BURUNDI FACTS on 19 janvier 2026 politique
    Share
    Facebook Twitter LinkedIn Email Reddit Telegram WhatsApp Copy Link

    Présenté comme une initiative intellectuelle indépendante, Une Nation en marche : 60 ans de pièges déjoués, Ndayishimiye et le nouveau chapitre du Burundi a néanmoins été perçu par une partie de l’opinion comme une célébration appuyée du chef de l’État. Une impression renforcée par les conditions mêmes de son lancement, marquée par une mobilisation visible du protocole d’État. Derrière le vernis académique et citoyen revendiqué, une question centrale demeure : où s’arrête le livre privé et où commence le récit officiel du pouvoir ?

    Dès l’entame, les auteurs tiennent à se démarquer de toute entreprise hagiographique. « Il s’agit d’une contribution citoyenne, une invitation à la réflexion, et non d’un culte du président Ndayishimiye », affirme le Dr Benjamin Ndayiragije en leur nom. Pourtant, le titre de l’ouvrage, tout comme sa couverture, dominée par une image en plan large du président burundais, fragilise cette prétention à la neutralité intellectuelle.

    Le contexte du lancement n’a fait qu’alimenter ces interrogations. En présence du couple présidentiel, du vice-président de la République, du Premier ministre, de diplomates, d’anciens chefs d’État et de hauts responsables civils et militaires, la cérémonie a pris l’allure d’un événement d’envergure nationale. Le protocole d’État ainsi que plusieurs services publics ont été mobilisés pour la logistique : distribution des invitations, préparation du site, organisation générale. Ce point reste toutefois invérifiable : il est impossible d’établir avec certitude au nom de quelle institution les dépenses ont été engagées.

    Le lendemain, la présentation de l’ouvrage à l’Université du Burundi est venue prolonger cette mise en scène institutionnelle, conférant au livre une légitimité quasi officielle, bien au-delà du cadre habituel d’une publication privée.

    Auteurs engagés, neutralité en débat

    Initié par le Dr Benjamin Ndagijimana, consul général du Burundi à Laâyoune et ancien cadre du CNDD-FDD, l’ouvrage rassemble des contributeurs aux profils divers : universitaires, responsables publics, figures de la société civile. Parmi eux figurent notamment le sociologue Désiré Manirakiza, directeur du PAEEJ, le juriste Pacifique Manirakiza, vice-doyen de la faculté de droit à l’Université d’Ottawa, ou encore Gabriel Rufyiri, président de l’OLUCOME.

    Cette diversité apparaît toutefois relative. Plusieurs auteurs occupent ou ont occupé des fonctions étroitement liées au pouvoir en place, à l’instar du ministre des Finances Alain Ndikumana ou du Dr Janvière Ndirahisha, ancienne ministre de l’Éducation. Une configuration qui nourrit les doutes quant à l’indépendance réelle du propos. À la lecture des extraits disponibles, les critiques du régime actuel sont rares, voire inexistantes. Le ton est globalement élogieux, la narration ascendante, et le leadership présidentiel est présenté comme la clé de sortie des impasses historiques du pays.

    Une nationalisation sans décret

    Sur le plan formel, Une Nation en marche ne bénéficie d’aucun statut normatif. Aucun décret, aucune décision gouvernementale ne l’érige en document de référence national. Pourtant, sa promotion via les canaux de communication de la Présidence, l’utilisation de ses thèses dans des discours officiels — notamment autour de la Vision 2040 — ainsi que l’implication directe d’institutions publiques brouillent nettement les frontières.

    Lors d’une allocution d’environ une heure, le président Évariste Ndayishimiye a étroitement arrimé les analyses de l’ouvrage à son propre parcours et à sa vision du Burundi. Remontant jusqu’à 1903, il a insisté sur la nécessité d’un changement profond des mentalités, allant jusqu’à se présenter comme l’artisan central de cette transformation. « Je suis devenu aujourd’hui un enseignant, je passe mon temps à enseigner le changement des mentalités », a-t-il déclaré.

    Sur les réseaux sociaux, quelques voix critiques ont relevé cette confusion assumée entre récit personnel et récit national. Certaines dénoncent une personnalisation excessive de l’histoire collective, d’autres ironisent sur un optimisme jugé déconnecté des réalités économiques et sociales. Ces critiques restent toutefois marginales dans un espace public où le débat demeure étroitement encadré.

    Des « pièges déjoués »… lesquels exactement ?

    L’ouvrage évoque des « pièges historiques », colonisation, crises politiques, guerres civiles, isolement diplomatique, que le Burundi aurait progressivement surmontés. Cette lecture optimiste se heurte cependant à des indicateurs économiques et sociaux difficiles à ignorer. En 2025, l’inflation a dépassé les 35 %, érodant sévèrement le pouvoir d’achat des ménages.

    Le franc burundais a poursuivi sa dépréciation, avec un taux de change parallèle largement supérieur aux cours officiels. Environ 65 % de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté, selon les dernières estimations de la Banque mondiale, tandis que le chômage et le sous-emploi affectent massivement les jeunes, pourtant présentés comme les acteurs centraux du « nouveau chapitre » national.

    À cela s’ajoutent des pénuries récurrentes de carburant, de devises et de produits de première nécessité, qui freinent lourdement l’activité économique. Dès lors, une interrogation s’impose : quels pièges ont réellement été déjoués, et au bénéfice de qui ? Si le discours met en avant la résilience et la sortie de certaines crises politiques majeures, la crise économique actuelle demeure profonde, structurelle et loin d’être résolue.

    Entre vitrine intellectuelle et instrument politique

    Factuellement, Une Nation en marche est bien un ouvrage privé. Politiquement, il s’inscrit néanmoins dans une stratégie de construction d’un récit d’État : celui d’un pouvoir qui se présente comme l’aboutissement logique de l’histoire nationale, transformant les épreuves du passé en tremplins vers un avenir incarné par un homme et son équipe.

    Le risque est clair : substituer au débat pluraliste une histoire lisse, où la nation avance d’un seul pas, derrière un seul visage. Un piège ancien, peut-être, mais toujours actif. Et c’est sans doute à ce niveau que le livre, au-delà de son contenu, s’impose lui-même comme un objet politique légitime à interroger.

    ____________________________________________

    Photo : Cérémonie de lancement de l’ouvrage Une Nation en marche, en présence du couple présidentiel, de hauts responsables de l’État et de diplomates, à Bujumbura. © DR

    Related Posts

    Burundi : un terrain politique équitable ? Ce que révèlent déclarations et faits

    24 mars 20265 Mins Read

    Est de la RDC : une délégation banyamulenge blanchit-elle le Burundi ?

    19 mars 20265 Mins Read

    Burundi : « Aucun Burundais n’est autorisé à vendre une parcelle à un étranger » – que dit réellement la loi ?

    18 mars 20265 Mins Read

    LAISSER UN COMMENTAIRE Cancel Reply

    ARTICLES PHARES
    Economie

    Le carburant au Burundi, un problème à plusieurs inconnus

    10 juillet 2024

    Abonnez-Vous

    Recevez les dernières nouvelles de Burundi Facts

    * indique "obligatoire"
    /* real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups */

    Intuit Mailchimp

    À une époque où les fausses informations prolifèrent non seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les médias traditionnels (radio, télévision, journaux) au Burundi, et où certaines personnalités publiques usent d’un discours versatile pouvant induire la population en erreur, il est du devoir de chacun de se consacrer à la vérification des faits.

    ANALYSES PHARES

    Le carburant au Burundi, un problème à plusieurs inconnus

    10 juillet 2024

    Abonnez-Vous

    Recevez les dernières nouvelles de Burundi Facts

    * indique "obligatoire"
    /* real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups */

    Intuit Mailchimp

    Facebook X (Twitter)
    © 2026 BurundiFacts. Designed by Oracom Web Solutions.

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.