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    Home » SOPEBU : Un échec annoncé ?

    SOPEBU : Un échec annoncé ?

    0
    By BURUNDI FACTS on 25 mars 2025 Economie
    Près d'un an après sa création, la structure est en grande difficulté.
    Près d'un an après sa création, la structure est en grande difficulté.
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    Face à une crise du carburant d’une ampleur inédite, le gouvernement burundais a mis en place la Société Pétrolière du Burundi (SOPEBU) pour réguler l’approvisionnement en hydrocarbures. Près d’un an après sa création, la structure est en grande difficulté. Le président Évariste Ndayishimiye a réagi en limogeant la direction, l’accusant d’avoir détourné 32 millions de litres de carburant. Mais cette explication est-elle suffisante ? Une analyse approfondie révèle des causes plus structurelles à cet échec.

    Le décret présidentiel n°100/034 du 20 février 2024 officialisait la création de la SOPEBU. Son objectif était de centraliser les importations de carburant, constituer un stock stratégique et assurer une distribution stable. La porte-parole du président, Rosine Guillène Gatoni, présentait alors cette initiative comme une solution durable à la crise.

    Cependant, aucun étude de faisabilité approfondie n’a précédé sa mise en place. Un tel diagnostic aurait permis d’identifier les défaillances du système d’approvisionnement, d’évaluer l’adéquation de la SOPEBU aux enjeux réels et d’anticiper les problèmes organisationnels et logistiques.

    L’Intervention Directe de l’État : Une Erreur Stratégique ?

    L’une des erreurs fondamentales a été de faire de l’État un acteur direct du secteur pétrolier. Gabriel Rufyiri, président de l’Observatoire de la Lutte contre la Corruption et les Malversations Économiques (Olucome), rappelle que « l’État burundais a accumulé les échecs dans la gestion des entreprises publiques depuis 1987 ».

    Les exemples ne manquent pas : le Complexe Textile du Burundi (Cotebu), la Verrerie du Burundi (Verundi) et Air Burundi font partie des nombreux projets avortés. Faustin Ndikumana, président de Parole et Actions pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités (Parcem), estime que l’État aurait dû se limiter à un rôle de régulateur au lieu d’intervenir directement dans un secteur aussi complexe.

    L’Exclusion du Secteur Privé

    Le secteur privé a été largement écarté de la gouvernance de la SOPEBU. Sur sept membres du Conseil d’Administration, six étaient issus des ministères des finances, de l’énergie, du commerce et de la sécurité, ne laissant qu’une seule place aux importateurs de pétrole. Pourtant, sans infrastructures propres (camions-citernes, dépôts de stockage), la SOPEBU restait dépendante du secteur privé. Cette absence de concertation a freiné les coopérations nécessaires et engendré des blocages logistiques.

    Un Manque de Transparence

    Dès sa création, la gestion opaque des fonds a soulevé des questions. Le capital de 120 milliards de francs burundais alloué à la SOPEBU n’a pas été précisé dans son allocation exacte (financier, technique, opérationnel). La situation s’est aggravée avec l’annonce d’un manque de 19 millions de litres de mazout et 12 millions de litres d’essence. Comment un tel déficit a-t-il pu passer inaperçu pendant des mois ? Ce manque de rigueur dans la gestion des stocks pose un sérieux problème de responsabilité.

    Une Réforme Incontournable

    L’échec de la SOPEBU ne se limite pas à des erreurs de gestion ou à des présumés détournements. Il découle d’une série de choix stratégiques discutables : absence d’étude préalable, interventionnisme étatique inefficace, marginalisation du secteur privé et manque de transparence.

    Si une solution viable à la crise du carburant doit être trouvée, elle devra passer par une restructuration profonde du système d’approvisionnement, avec une répartition claire des rôles entre l’État et les acteurs privés. Sans ces ajustements, la crise risque de perdurer, au détriment de l’économie et du quotidien des Burundais.

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    À une époque où les fausses informations prolifèrent non seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les médias traditionnels (radio, télévision, journaux) au Burundi, et où certaines personnalités publiques usent d’un discours versatile pouvant induire la population en erreur, il est du devoir de chacun de se consacrer à la vérification des faits.

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