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    Home » Lutte contre la corruption au Burundi : un discours présidentiel en décalage avec les faits

    Lutte contre la corruption au Burundi : un discours présidentiel en décalage avec les faits

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    By BURUNDI FACTS on 20 janvier 2026 Gouvernance
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    À la fin de l’année 2025, le Président de la République du Burundi, Évariste Ndayishimiye, s’est érigé en garant personnel de la nouvelle Stratégie nationale de lutte contre la corruption, officiellement adoptée par le Conseil des ministres le 7 janvier 2026. L’objectif affiché est ambitieux : réduire significativement la corruption d’ici 2030, conformément à la Vision nationale 2040–2060. Mais derrière cette communication volontariste, de nombreuses contradictions, des accusations documentées et les analyses de plusieurs experts viennent sérieusement interroger la crédibilité du chef de l’État comme moteur d’un changement structurel réel.

    Lors d’un débat qu’il a lui-même présidé, le Président Ndayishimiye a présenté une stratégie articulée autour de plusieurs axes : renforcement du cadre légal, lutte contre l’impunité par des poursuites systématiques, digitalisation des services publics et mise en place de comités de lutte contre la corruption jusqu’au niveau des collines.

    Il a par ailleurs annoncé qu’il présiderait personnellement le comité national de suivi de cette stratégie, se positionnant comme le garant ultime de son efficacité.

    Dans cette même intervention, il a mis en avant la performance de l’appareil judiciaire et sa propre capacité de travail, allant jusqu’à déclarer :

    « Moi, je gère plus de cinq mille dossiers. Comment pouvez-vous encore vous plaindre alors que vous n’avez qu’un seul dossier sous votre responsabilité ? »

    Ces propos, largement relayés dans l’espace public, ont suscité de vives réactions parmi les juristes, politologues et acteurs de la société civile.

    Le Président peut-il réellement « gérer » 5 000 dossiers ?

    Pour l’homme politique Frédéric Bamvuginyumvira, cette déclaration révèle une confusion fondamentale sur le rôle institutionnel du Président de la République.

    « Le Président de la République n’est pas celui qui gère directement les dossiers. Son rôle est d’évaluer la manière dont les dossiers sont traités. Gérer un dossier et évaluer la gestion d’un dossier sont deux choses différentes. »

    Il rappelle que les États modernes fonctionnent selon les principes de la Nouvelle Gestion Publique, fondée sur la délégation des responsabilités :

    « On ne peut pas gérer cinq mille dossiers comme si une seule personne devait tout faire. Le rôle du Président est de contrôler et d’évaluer, pas de se substituer à toute l’administration. »

    Selon Bamvuginyumvira, cette posture hypercentralisatrice est non seulement irréaliste, mais potentiellement contre-productive :

    « Un Président qui se couche tard, se lève tôt et accumule trop de dossiers finit par s’épuiser, avec des conséquences potentiellement désastreuses. D’où la nécessité absolue de déléguer le pouvoir. »

    En ce sens, l’affirmation présidentielle apparaît trompeuse : elle ne correspond ni aux attributions constitutionnelles du chef de l’État ni aux principes contemporains de gouvernance publique.

    Une justice indépendante… sous contrôle de l’exécutif ?

    Le Président Ndayishimiye s’est également félicité de l’efficacité du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qu’il préside lui-même, affirmant la solidité et l’intégrité de ses membres.

    Une lecture largement contestée par le juriste Audace Havyarimana :

    « Le Conseil supérieur de la magistrature est censé garantir l’indépendance, l’éthique et la carrière des magistrats. Pourtant, son fonctionnement soulève énormément de doutes. »

    Il souligne notamment que la gestion des carrières des magistrats est, dans les faits, assurée par le seul ministre de la Justice. Le CSM ne jouerait pas son rôle de rempart contre les pressions de l’exécutif et du législatif, et certains magistrats seraient jugés comme de simples citoyens, en contradiction avec l’esprit du principe du tribunal des pairs.

    Plus préoccupant encore, selon Havyarimana :

    « La présence du Chef de l’État à la tête du Conseil supérieur de la magistrature pose un problème majeur de séparation des pouvoirs. La pire des choses est que le Président affirme que c’est l’exécutif qui est garant du CSM à tous les niveaux. »

    Les déclarations présidentielles sur l’indépendance de la justice sont ainsi fortement contestées et ne semblent pas refléter le fonctionnement réel des institutions judiciaires.

    Un Président exemplaire face à la corruption ?

    Le chef de l’État se présente comme le protecteur des biens publics. Pourtant, son propre parcours est régulièrement cité dans des dossiers entachés de soupçons persistants de détournement et de complaisance.

    Le cas le plus emblématique reste celui des 54 milliards de francs burundais destinés au barrage de Mpanda. Dès son accession au pouvoir, Évariste Ndayishimiye avait promis de poursuivre les responsables. À ce jour, aucun procès majeur n’a abouti.

    Selon plusieurs sources et observateurs, le Président serait lui-même impliqué dans ce dossier — une accusation qui n’a jamais été judiciairement éclaircie.

    À cela s’ajoute son refus d’imposer la déclaration obligatoire des biens des hauts cadres de l’État avant leur prise de fonction, pourtant prévue par la loi relative à la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite.

    Comme le résume un habitant de Bujumbura :

    « Cela ne lui coûterait rien, si ce n’est que ce serait lui-même qui ne voudrait pas déclarer ses propres biens. »

    S’y ajoutent encore des soupçons autour d’une entreprise attribuée à son épouse, Angeline Ndayishimiye, active dans l’exportation de carburant au Burundi (Prestige), ainsi que les dossiers FOMI et ANAGESSA, abondamment documentés mais sans suites judiciaires notables.

    Dans ce contexte, le Président n’apparaît pas comme un modèle de redevabilité et de transparence — conditions pourtant essentielles pour mener une lutte crédible contre la corruption.

    Indicateurs économiques et crédibilité du discours officiel

    L’économiste André Nikwigize dresse un constat sévère :

    « En 2025, le Burundi est classé troisième pays le plus corrompu en Afrique et 165ᵉ sur 180 pays dans le monde. »

    Il rappelle que les promesses actuelles rappellent celles formulées sous l’ancien président Pierre Nkurunziza, dans le cadre de la politique de « tolérance zéro » :

    « Ce document a été mis dans les oubliettes, et aujourd’hui le Burundi présente une nouvelle stratégie alors que rien n’a fondamentalement changé. »

    Nikwigize évoque également un aveu d’impuissance du président en 2022 :

    « Il demandait aux détourneurs de déposer discrètement l’argent à la Banque centrale, tout en reconnaissant qu’ils faisaient partie de son entourage immédiat. »

    À cela s’ajoutent des choix politiques régionaux ayant contribué à l’isolement économique du pays : fermetures de frontières, pertes de recettes fiscales, flambée des prix et aggravation de la pauvreté.

    Les indicateurs économiques et de gouvernance semblent ainsi contredire frontalement le discours officiel.

    Conclusion : une stratégie dépourvue de crédibilité politique

    Le fact-checking des déclarations et des postures du Président Évariste Ndayishimiye met en évidence un décalage profond entre le discours affiché et les réalités institutionnelles, judiciaires et économiques.

    Une lutte efficace contre la corruption suppose un leadership exemplaire, des institutions réellement indépendantes et une volonté politique traduite en actes concrets. Or, les accusations non élucidées, l’impunité persistante et la concentration du pouvoir fragilisent toute ambition réformatrice.

    En l’état actuel, ce n’est pas la personne du Président Ndayishimiye qui incarne l’espoir d’un changement structurel au Burundi, mais plutôt la continuité d’un système marqué par l’impunité, les promesses récurrentes et l’absence de résultats tangibles.

    ____________________________________________

    Photo : Le Président Évariste Ndayishimiye lors du débat consacré à la Stratégie nationale de lutte contre la corruption, qu’il a lui-même présidé. © DR

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    À une époque où les fausses informations prolifèrent non seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les médias traditionnels (radio, télévision, journaux) au Burundi, et où certaines personnalités publiques usent d’un discours versatile pouvant induire la population en erreur, il est du devoir de chacun de se consacrer à la vérification des faits.

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