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    « Les fertilisants sont disponibles » : que disent réellement les faits sur la pénurie au Burundi ?

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    By BURUNDI FACTS on 26 février 2026 Fact-checks
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    La pénurie de fertilisants est un problème récurrent au Burundi. Selon les rapports, des agriculteurs se sont récemment plaints de l’absence d’engrais en pleine saison culturale, ce qui les a poussés à organiser un sit-in devant un site de stockage de la société Fertilisants Organo-Minéraux Industrie (FOMI), en commune Matana de la province de Burunga. Mais malgré les assurances des responsables et des promesses de la FOMI, les agriculteurs semblent toujours confrontés à des difficultés. BurundiFacts a mené une vérification approfondie des allégations concernant cette crise d’engrais et des réponses apportées par les autorités et la FOMI.

    À Matana, dans la province de Burunga, au sud du Burundi, la saison culturale B n’est pas qu’un calendrier agricole. C’est une question de survie. « Sans engrais, nous ne travaillons pour rien », confie un agriculteur rencontré sur une colline de la commune. Comme lui, des dizaines de producteurs disent avoir préparé leurs champs, semé, attendu… puis attendu encore les fertilisants promis.

    Ces frustrations ont récemment conduit en date du 19 février 2026 certains d’entre eux à tenter d’organiser un sit-in devant un site de stockage de la société Fertilisants Organo-Minéraux Industrie (FOMI). Interceptés par la police avant d’atteindre le dépôt provincial de Gitandu, ils ont dû rebrousser chemin. Derrière cet épisode, une question demeure : leurs lamentations sont-elles fondées malgré les assurances officielles ?

    Y a-t-il réellement pénurie ?

    Les agriculteurs de Matana affirment manquer d’engrais en pleine saison B, cruciale pour le haricot, la pomme de terre et d’autres cultures vivrières. Plusieurs témoignages concordent : certains producteurs disent n’avoir reçu qu’une partie des quantités commandées, d’autres rien du tout.

    Un cultivateur explique : « On nous parle d’Imbura, mais pour nos champs, nous avons surtout besoin du Totahaza. Sur notre colline, personne n’en a reçu. »

    Nos vérifications auprès de sources locales confirment que la distribution a bien eu lieu dans certaines zones de Burunga, mais qu’elle reste incomplète dans d’autres. La répartition apparaît inégale. Des collines auraient été servies partiellement, voire pas du tout, notamment pour certains types d’engrais spécifiques.

    Les stocks existent-ils vraiment ?

    La FOMI assure pourtant que les stocks sont disponibles. Lors d’une tournée effectuée dans cinq provinces, les responsables ont affirmé que les hangars contenaient des quantités suffisantes d’Imbura et d’urée. À Bujumbura, le conseiller du gouverneur, Florent Nkezabahizi, a confirmé la présence de ces fertilisants, soulignant que « ce qui reste, c’est d’organiser correctement la distribution ».

    Dans les provinces de Butanyerera, Gitega et Buhumuza, les directeurs provinciaux de l’agriculture ont également communiqué des chiffres précis sur les tonnes disponibles.

    Mais ces chiffres racontent une autre histoire. À Butanyerera, par exemple, le directeur provincial Adelin Niyonsaba a reconnu que les quantités reçues représentaient moins d’un tiers des besoins pour la saison B. À Buhumuza, Melchiade Ntahondereye a parlé d’environ 2 012 tonnes d’Imbura, soit un tiers des volumes habituellement distribués.

    Autrement dit : les stocks existent, mais ils ne couvrent pas entièrement la demande.

    Les retards sont-ils seulement logistiques ?

    Les autorités invoquent principalement deux facteurs : le manque de carburant pour transporter les engrais vers les zones rurales et la nécessité de respecter les listes issues du recensement agricole.

    Il est exact que des responsables provinciaux ont mentionné des difficultés liées au carburant, retardant l’acheminement des stocks vers les communes. Cependant, cette explication ne suffit pas à dissiper toutes les inquiétudes.

    Certains agriculteurs affirment avoir reçu des fertilisants provenant des saisons précédentes. D’autres dénoncent une distribution jugée opaque. « On ne sait pas comment les listes sont établies », confie un producteur de haricot à Gitega. « Certains reçoivent plus que ce qu’ils ont commandé, d’autres rien. »

    Par ailleurs, le ministre des Finances, Alain Ndikumana, a publiquement évoqué des préoccupations sur certaines pratiques contractuelles liées à la gestion des intrants. Sans entrer dans des accusations formelles, ces déclarations ont alimenté le doute sur la transparence du système.

    Si les problèmes logistiques sont réels, ils ne semblent pas être l’unique cause des dysfonctionnements signalés.

    Un problème ponctuel ou structurel ?

    La question des fertilisants ne date pas d’hier. Depuis plusieurs années, la FOMI est présentée comme une solution stratégique pour renforcer la productivité agricole nationale. Pourtant, chaque saison culturale semble s’accompagner de plaintes similaires.

    Le spécialiste économique Francis Rohero estime que la demande dépasse largement l’offre disponible. Selon lui, le faible niveau d’investissement public dans l’agriculture et le monopole de la FOMI sur l’importation et la production des fertilisants limitent la capacité du marché à s’adapter aux besoins croissants.

    L’Association burundaise des consommateurs (ABUCO) a, de son côté, appelé à davantage de transparence et à une régulation plus stricte de la distribution.

    Pour les agriculteurs, ces débats institutionnels ont une traduction très concrète : une récolte compromise signifie moins de nourriture sur la table, moins de revenus pour payer les frais scolaires, et plus de vulnérabilité face aux chocs climatiques.

    Les lamentations sont-elles fondées ?

    Les éléments recueillis montrent que des stocks de fertilisants existent effectivement dans plusieurs provinces du pays. Toutefois, ces quantités ne couvrent pas pleinement les besoins exprimés pour la saison culturale B, particulièrement dans les zones à forte production de haricot et de riz.

    La distribution reste marquée par des retards significatifs et des inégalités selon les communes et les collines, certains agriculteurs recevant leurs intrants tardivement tandis que d’autres attendent encore.

    Si des problèmes logistiques, notamment liés au transport, sont avérés, des difficultés de coordination et des interrogations sur la gouvernance du système persistent également. Ainsi, les assurances officielles selon lesquelles « les fertilisants sont disponibles » ne reflètent qu’une partie de la réalité. Sur le terrain, de nombreux agriculteurs continuent de faire face à des pénuries concrètes ou à des retards qui compromettent leurs récoltes. Au regard des faits vérifiés, les lamentations des agriculteurs apparaissent donc largement fondées.

    Une crise au-delà des chiffres

    Derrière les tonnes d’Imbura et les statistiques de production, il y a des familles. En province Burunga comme à Bujumbura, Buhumuza, Butanyerera et Gitega les cultivateurs ne réclament pas seulement des sacs d’engrais ; ils demandent de la prévisibilité et de la transparence.

    Tant que la distribution restera perçue comme inégale ou tardive, la méfiance persistera, malgré les tournées officielles et les déclarations rassurantes.

    La question n’est donc pas seulement de savoir si les fertilisants existent dans les hangars, mais s’ils arrivent à temps dans les champs. Pour beaucoup d’agriculteurs burundais, la réponse, pour l’instant, reste incertaine.

    A lire:

    Le Burundi face à une crise des fertilisants : pénurie ou difficultés d’approvisionnement ?

    Affaire FOMI : aucun paiement confirmé, un audit en cours et de lourdes zones d’ombre

    ____________________________________________

    Photo : Des cultivatrices en train de labourer un champ. La saison culturale B, une période cruciale pour les récoltes et la sécurité alimentaire au Burundi alors que l’accès aux fertilisants reste un enjeu déterminant pour la réussite des récoltes. © DR

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