Close Menu
    What's Hot

    Lutte contre la corruption au Burundi : un discours présidentiel en décalage avec les faits

    20 janvier 2026

    Une Nation en marche : ouvrage intellectuellement neutre ou autoglorification du pouvoir ?

    19 janvier 2026

    Burundi : le discours présidentiel sur la continuité de l’État résiste-t-il à l’examen des faits ?

    17 janvier 2026
    Facebook X (Twitter) Instagram
    Tendances
    • Lutte contre la corruption au Burundi : un discours présidentiel en décalage avec les faits
    • Une Nation en marche : ouvrage intellectuellement neutre ou autoglorification du pouvoir ?
    • Burundi : le discours présidentiel sur la continuité de l’État résiste-t-il à l’examen des faits ?
    • Réfugiés congolais au Burundi : une crise humanitaire hors de contrôle sur fond de calculs politiques
    • Pensions alignées sur le dernier salaire : ce que prévoyait la loi de 2022 et pourquoi le gouvernement recule en 2026
    • Mutuelle de la Fonction publique : la Cour des comptes confirme de graves dysfonctionnements
    • Non, IshowSpeed n’est pas venu au Burundi : des images générées par IA créent la confusion
    • Rapatriement forcé déguisé : les faits contredisent la version du HCR dans les camps burundais de Tanzanie
    Email: info@burundifacts.org
    Burundi Facts
    Facebook X (Twitter) LinkedIn
    ABONNEZ-VOUS
    mardi, 20 janvier 2026
    • Accueil
    • Fact-Checks
      • Economie
      • Politique
      • Société
      • Guides
      • Environnement
    • Burundi Fact-sheets
      • Données statistiques
      • Analyses Approfondies
    • À Propos
      • Qui sommes-nous
      • Ligne éditoriale
      • Communiqués
    • Équipe
      • Qui sont nos fact-checkers?
    • Contactez-Nous
    • Français
    • Kirundi
    Facebook X (Twitter)
    Burundi Facts
    Home » Les contradictions du président de la CVR Pierre Claver Ndayicariye interrogent sur le rôle réel de la Commission Vérité et Réconciliation

    Les contradictions du président de la CVR Pierre Claver Ndayicariye interrogent sur le rôle réel de la Commission Vérité et Réconciliation

    0
    By BURUNDI FACTS on 6 novembre 2025 Fact-checks
    Share
    Facebook Twitter LinkedIn Email Reddit Telegram WhatsApp Copy Link

    Alors que la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) vient d’obtenir le pouvoir de trancher définitivement les litiges fonciers liés aux différentes crises du pays, son président, Pierre Claver Ndayicariye, a déclaré que la CVR « ne rend pas justice ». Une affirmation surprenante, puisque les décisions de la Commission sont désormais « définitives et sans appel ». Une contradiction qui suscite de vives réactions parmi les acteurs politiques, juridiques et de la société civile.

    Depuis la promulgation de la loi n°1/11 du 28 mai 2024, la CVR a hérité des prérogatives de la Commission nationale des terres et autres biens (CNTB), dont le mandat est arrivé à expiration. Elle peut désormais enquêter et statuer sur les conflits fonciers et autres biens entre victimes des crises, l’État et des particuliers.

    Pourtant, lors d’une descente dans la province de Burunga, le mercredi 5 novembre 2025, Pierre Claver Ndayicariye a affirmé que la CVR « ne rend pas justice », tout en rappelant que « ses décisions sont définitives et sans appel dans aucune juridiction nationale ».

    Cette déclaration a provoqué une onde de choc parmi les juristes et défenseurs des droits humains, qui y voient une grave contradiction et un risque d’arbitraire institutionnel.

    Me Dieudonné Bashirahishize : « C’est un déni de justice »

    L’avocat et défenseur des droits humains Me Dieudonné Bashirahishize, qui suit de près les affaires portées devant la Cour de justice de la Communauté est-africaine (EACJ), n’a pas mâché ses mots.

    « Dire que la CVR ne rend pas justice, tout en rendant des décisions sans appel, c’est un déni de justice manifeste. »
    « L’Accord d’Arusha prévoyait une CVR dotée d’un mandat de vérité, de mémoire et de réconciliation, pas une juridiction au-dessus des lois. »
    « En conférant à la CVR un pouvoir définitif, on viole le principe fondamental du droit à un procès équitable et à un recours effectif. »

    Selon lui, cette évolution détourne la CVR de sa mission initiale. « Dans l’esprit d’Arusha, rappelle-t-il, la CVR devait préparer la justice transitionnelle, non pas s’y substituer. »

    Frédéric Bamvuginyumvira : « Une stratégie de division orchestrée par le CNDD-FDD »

    L’ancien vice-président du Burundi et président de la coalition CFOR-Arusha, Frédéric Bamvuginyumvira, va encore plus loin. À ses yeux, la CVR actuelle a perdu toute neutralité.

    « Cette commission cherche avant tout à séduire une partie des Burundais, celle que le pouvoir veut rallier à sa cause. »
    « C’est une stratégie du CNDD-FDD : instrumentaliser la réconciliation pour diviser encore plus les citoyens. »
    « Le discours de la CVR sur les victimes sélectives montre clairement qu’elle n’a pas vocation à unir, mais à renforcer une lecture partisane de l’histoire. »

    Bamvuginyumvira estime que la CVR version 2024-2025 détourne le sens profond de la réconciliation pour servir un agenda politique, en consolidant le récit selon lequel un seul groupe aurait souffert et que le parti au pouvoir serait le garant unique de la paix.

    Marie Louise Baricako (Mouvement Inamahoro) : « La CVR renforce les fractures sociales »

    Pour Marie Louise Baricako, présidente du Mouvement Inamahoro, la nouvelle orientation de la CVR constitue une menace directe pour la cohésion sociale.

    « Ce pouvoir sans appel confié à la CVR est un recul historique. »
    « Au lieu de rapprocher les Burundais, elle institutionnalise la méfiance entre communautés. »
    « Nous observons que la CVR se renforce non pas pour réconcilier, mais pour consolider l’injustice. »
    « Si rien n’est corrigé, cette Commission aggravera les blessures qu’elle prétend panser. »

    Elle appelle à un audit indépendant du fonctionnement de la CVR et à une révision de la loi de mai 2024, afin d’éviter que cette institution ne devienne « une arme politique entre les mains du pouvoir ».

    Un mandat dévoyé de sa mission initiale

    À sa création, la CVR avait pour vocation d’établir la vérité sur les crises cycliques qui ont marqué le Burundi depuis l’indépendance, et d’ouvrir la voie à une véritable réconciliation nationale.

    Mais depuis qu’elle a absorbé les compétences de la CNTB, alors que les litiges fonciers représentent près de 80 % des affaires portées devant les tribunaux burundais, la Commission s’est muée en juridiction parallèle, échappant à tout contrôle judiciaire.

    Pour de nombreux observateurs, cette transformation marque un virage autoritaire : la CVR devient à la fois juge et partie, tranchant des affaires sensibles sans possibilité de recours, dans un contexte où la confiance dans la justice reste déjà très faible.

    Conclusion : une commission de plus en plus contestée

    Loin de renforcer la réconciliation, la CVR version 2024-2025 semble creuser davantage les divisions.
    Ses décisions « définitives et sans appel » contredisent son propre discours et violent les principes de justice et de transparence qu’elle prétend incarner.

    Pour les juristes, les opposants et les défenseurs des droits humains, cette évolution traduit une instrumentalisation politique d’un organe censé apaiser la nation.

    En somme, la CVR ne réconcilie pas les Burundais : elle risque, au contraire, de les séparer un peu plus.

    _______________________________________________

    Photo : Le président de la CVR, Pierre Claver Ndayicariye, qui affirme que la Commission « ne rend pas justice », alors même que ses décisions sont désormais « définitives et sans appel ». ©  DR

    Related Posts

    Lutte contre la corruption au Burundi : un discours présidentiel en décalage avec les faits

    20 janvier 20266 Mins Read

    Une Nation en marche : ouvrage intellectuellement neutre ou autoglorification du pouvoir ?

    19 janvier 20265 Mins Read

    Burundi : le discours présidentiel sur la continuité de l’État résiste-t-il à l’examen des faits ?

    17 janvier 20265 Mins Read

    LAISSER UN COMMENTAIRE Cancel Reply

    ARTICLES PHARES
    Economie

    Le carburant au Burundi, un problème à plusieurs inconnus

    10 juillet 2024

    Abonnez-Vous

    Recevez les dernières nouvelles de Burundi Facts

    * indique "obligatoire"
    /* real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups */

    Intuit Mailchimp

    À une époque où les fausses informations prolifèrent non seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les médias traditionnels (radio, télévision, journaux) au Burundi, et où certaines personnalités publiques usent d’un discours versatile pouvant induire la population en erreur, il est du devoir de chacun de se consacrer à la vérification des faits.

    ANALYSES PHARES

    Le carburant au Burundi, un problème à plusieurs inconnus

    10 juillet 2024

    Abonnez-Vous

    Recevez les dernières nouvelles de Burundi Facts

    * indique "obligatoire"
    /* real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups */

    Intuit Mailchimp

    Facebook X (Twitter)
    © 2026 BurundiFacts. Designed by Oracom Web Solutions.

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.