Alors que nous rapportions récemment que le Stade Intwari de Bujumbura n’a pas encore été homologué pour les compétitions internationales officielles, une déclaration présidentielle est venue semer davantage de confusion.
Le 28 juin dernier, Burundi Facts publiait un article rectifiant une rumeur largement partagée sur les réseaux sociaux, selon laquelle le Stade Intwari aurait été homologué par la FIFA. Notre enquête révélait que seule la pelouse synthétique du stade avait été certifiée, tandis que les autres infrastructures (vestiaires, équipements techniques, tribunes) restaient inachevées. À ce stade, seule une inspection finale de la CAF permettra de déterminer si le stade peut être officiellement validé.

Certificat d’homologation de la pelouse synthétique du stade INTWARI
Une déclaration présidentielle qui entretient l’ambiguïté
Le 1er juillet, à l’occasion du 63ᵉ anniversaire de l’indépendance du Burundi, le président Évariste Ndayishimiye a, dans son discours, affirmé :
« Même la FIFA a déjà déclaré que ce stade est homologué, qu’il remplit tous les critères demandés et qu’il est en conformité avec toutes les normes exigées (pour accueillir les compétitions internationales). Pour le moment, nous sommes dans les préparatifs de son inauguration officielle. »
Des propos fortement applaudis, mais qui contredisent les faits. Contrairement à ce qu’affirme le chef de l’État, le stade n’est toujours pas homologué, comme le confirment plusieurs responsables du football burundais.
Extrait du discours du président Ndayishimiye pour les 63 ans de l’indépendance :« Même la FIFA a déjà homologué ce stade. »
La mise au point du président de la FFB
Le président de la Fédération de football du Burundi (FFB), Alexandre Muyenge, a tenu à rectifier les interprétations abusives faisant suite à la certification de la pelouse par la FIFA :
« Le Stade Intwari est en construction depuis trois ans. Il y a eu des missions d’inspection de la FIFA et de la CAF. La FIFA évalue uniquement la pelouse ; l’homologation des stades relève de la CAF. »
Il précise que même si des matchs peuvent être organisés sur cette pelouse, cela ne signifie pas que le stade dans son ensemble est certifié. La dernière mission d’inspection de la CAF a d’ailleurs permis de constater l’absence de certains équipements nécessaires à l’homologation.
« Ce n’est pas la FIFA qui homologue les stades mais la CAF. La FIFA ne certifie que la pelouse, et elle l’a déjà fait », insiste-t-il.

Alexandre Muyenge, président de la Fédération de football du Burundi (FFB)
Vers une homologation prochaine ?
Alexandre Muyenge se montre toutefois optimiste, affirmant que l’homologation par la CAF pourrait intervenir dans les jours à venir, d’autant plus que le stade a été proposé pour accueillir certains matchs internationaux, notamment ceux des clubs champions en septembre prochain.
Mais en l’absence d’une confirmation écrite de la CAF, l’homologation n’est pas acquise. Et la confusion entre « certification de la pelouse » et « homologation du stade » continue d’alimenter des interprétations erronées – y compris dans les discours politiques.
En résumé
-
Le Stade Intwari n’est pas encore homologué pour accueillir des compétitions officielles internationales.
-
Seule la pelouse synthétique a été certifiée conforme par la FIFA.
-
Les infrastructures du stade doivent encore être évaluées par la CAF, seule instance compétente pour délivrer l’homologation.
-
Les déclarations du président Ndayishimiye contredisent les faits vérifiables.
Conclusion
Après vérification, les propos du chef de l’État affirmant que la FIFA a homologué le Stade Intwari ne correspondent pas à la réalité. L’homologation complète relève exclusivement de la CAF et n’a pas encore été délivrée, bien que des progrès aient été accomplis. Prudence, donc, face aux annonces prématurées.
________________________________________________Photo : Le président Évariste Ndayishimiye, le 1er juillet, lors de la cérémonie du 63ᵉ anniversaire de l’indépendance du Burundi
