Une information relayée par certains médias affirme que le président burundais, Évariste Ndayishimiye, aurait demandé à la France de jouer un rôle de médiateur pour apaiser les tensions avec le Rwanda. Si cela était confirmé, il s’agirait d’un tournant diplomatique majeur. Mais que disent réellement les faits ? Nous avons vérifié.
Aucun communiqué de la présidence burundaise ne confirme une telle sollicitation. Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dans sa fiche consacrée aux relations bilatérales avec le Burundi, ne mentionne aucune demande de médiation.
Par ailleurs, les principaux médias internationaux qui suivent de près les relations entre le Burundi et le Rwanda, tels que Reuters, l’AFP, RFI ou Jeune Afrique, n’ont jamais évoqué une implication française dans ce dossier.
Ni Paris ni Gitega ne confirment
Côté français, aucun signe public d’un rôle de médiateur. Côté burundais, ni la présidence ni le ministère des Affaires étrangères ne se sont exprimés sur le sujet. Quant à la photo utilisée pour illustrer cette rumeur, elle date en réalité de juin 2025, lors de la participation du président Ndayishimiye à une conférence des Nations unies sur les océans, tenue à Nice.
Un contexte de rumeurs persistantes
Cette rumeur survient dans un contexte marqué par une autre information non vérifiée : la visite supposée de membres du groupe armé AFC/M23 au Burundi pour convaincre le président Ndayishimiye de cesser son soutien militaire à la RDC. Là encore, ces affirmations proviennent principalement de sources rwandaises, notamment relayées par le média Flash TV.
La France a-t-elle l’habitude d’assurer une médiation dans la région ?
La France n’a jamais joué de rôle clair de médiateur officiel entre les pays de la région, en particulier entre le Rwanda et le Burundi. Toutefois, en 2023 et 2024, elle s’est illustrée au Conseil de sécurité des Nations unies en condamnant le soutien présumé du Rwanda au groupe rebelle M23, et en affichant son appui diplomatique à la RDC. Mais contrairement à l’Angola, à la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) ou à l’Union africaine, Paris ne s’est jamais positionné comme médiateur direct dans ce conflit régional.
Conclusion
Aucune preuve ne confirme à ce jour une médiation française entre le Burundi et le Rwanda. Ni Paris ni Gitega ne se sont exprimés officiellement sur ce sujet, et les éléments relayés semblent davantage relever de la spéculation. En l’absence de communication formelle, cette information reste donc à considérer avec prudence.
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Photo : Capture d’écran d’une publication affirmant que le président burundais, Évariste Ndayishimiye, aurait sollicité la médiation de la France pour apaiser les tensions diplomatiques entre le Burundi et le Rwanda. © DR
