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    « Au Burundi, plus on étudie, plus on devient idiot » : une affirmation présidentielle contredite par les faits

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    By BURUNDI FACTS on 9 février 2026 politique
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    Le 24 janvier dernier, au stade Ingoma de Gitega, à l’occasion de la dernière journée de la croisade organisée par le CNDD-FDD, le président burundais Évariste Ndayishimiye a exposé sa vision de l’éducation. Une vision qui interroge. « Au Burundi, plus on étudie, plus on devient idiot… J’ai plusieurs docteurs, mais je ne vois pas de développement », a-t-il déclaré. Une déclaration factuellement contestable

    Par ces propos, le chef de l’État a laissé entendre que les intellectuels, le savoir et les études ne constitueraient pas des leviers essentiels du développement d’un pays.

    Affirmer que les intellectuels n’ont jamais développé un pays est une contre-vérité historique largement documentée. Les trajectoires de développement les plus étudiées montrent que les États ayant connu une transformation économique durable l’ont précisément fait en s’appuyant sur l’éducation, la recherche et l’expertise technique.

    En Corée du Sud, au début des années 1960, plus de 70 % de la population était analphabète et le pays figurait parmi les plus pauvres du monde. Le gouvernement a alors fait le choix d’investissements massifs dans l’éducation, les sciences et l’ingénierie. En quelques décennies, grâce à une planification portée par des économistes, des ingénieurs et des universitaires, le pays est devenu une puissance industrielle et technologique mondiale, avec des groupes comme Samsung, Hyundai ou LG, issus d’un écosystème fondé sur le savoir.

    Le Japon d’après-guerre et l’Allemagne de l’Ouest ont suivi des trajectoires similaires. La reconstruction de leurs économies s’est appuyée sur des universités solides, des instituts de recherche, des écoles techniques et une administration hautement qualifiée. Le « miracle japonais » repose notamment sur la formation professionnelle, l’ingénierie industrielle et la recherche appliquée, portées par des élites intellectuelles étroitement associées à l’État.

    Plus près du Burundi, le Rwanda offre un exemple africain documenté. Depuis le début des années 2000, ce pays a investi dans la formation des cadres administratifs, des enseignants, des médecins et des experts en planification. La mise en place de politiques publiques structurées, conçues par des technocrates formés localement et à l’étranger, a permis d’améliorer des indicateurs clés tels que la santé, l’éducation, la digitalisation de l’administration et l’attractivité économique. Ce processus n’a pas été exempt de critiques politiques, mais il démontre que le savoir et l’expertise y ont été considérés comme des leviers stratégiques.

    Une rhétorique politique récurrente

    Au-delà de l’erreur factuelle, cette déclaration s’inscrit dans une rhétorique politique bien connue : la déresponsabilisation par la désignation de boucs émissaires. En mettant en cause « les intellectuels », Ndayishimiye évite de questionner ses propres choix, ses politiques publiques et ses manquements structurels.

    Ce n’est pas la première fois que le président Évariste Ndayishimiye adopte ce registre. À plusieurs reprises, il a imputé les échecs à des intellectuels « qui ne l’aident pas », à des résistances internes ou encore à la néo-colonisation, alors même qu’il dispose, constitutionnellement et politiquement, des leviers nécessaires pour engager des réformes.

    Anti-intellectualisme et contradictions au sommet de l’État

    Ce discours s’inscrit également dans une posture d’anti-intellectualisme déjà observée au sein de la classe dirigeante issue du CNDD-FDD. Le secrétaire général du parti, Révérien Ndikuriyo, avait lui-même suscité une vive polémique en déclarant qu’il ne parlerait plus français après un discours controversé, qu’il a ensuite qualifié de « mal interprété » par les usagers de cette langue. Il affirmait par ailleurs, le 3 novembre 2022 : « Tout ce que nous apprenons à l’école au Burundi nous est inutile. »

    Des contradictions assumées

    Dans le même temps, le président affirme avoir instruit, depuis son arrivée au pouvoir, les ministres successifs de l’Éducation d’engager une réforme du système éducatif.
    « Depuis ma prise de fonction, j’ai instruit le ministre de l’Éducation d’engager une réforme », a-t-il déclaré, tout en accusant ces ministres de ne pas avoir exécuté ses directives.

    Or, une réforme éducative ne peut être pensée, conçue et mise en œuvre sans intellectuels : enseignants, pédagogues, chercheurs, planificateurs et experts sectoriels. Une question s’impose dès lors : qui est censé mener cette réforme si le discours dominant discrédite précisément ceux qui en sont les acteurs naturels ?

    Lorsque le président affirme que « certaines personnes ne souhaitent pas cette réforme », la responsabilité est renvoyée vers des résistances abstraites. Pourtant, à l’écoute de son propre discours sur les intellectuels, l’ambiguïté demeure : comment promouvoir une réforme fondée sur le savoir tout en tenant un discours qui en dévalorise les porteurs ?

    Une incohérence stratégique

    Cette incohérence apparaît également dans la promotion par le chef de l’État de la « Vision Burundi 2040-2060 », présentée comme une feuille de route ambitieuse pour l’avenir du pays. Pour rédiger ce document, le pouvoir a fait appel à des équipes d’experts et d’intellectuels. Pourquoi les solliciter si, dans le même temps, l’intellectualisme est présenté comme un frein au développement ?

    Les faits sont clairs : aucun pays ne s’est développé durablement en marginalisant le savoir. L’éducation n’est pas un luxe, mais une condition préalable à la croissance, à la bonne gouvernance et à la souveraineté économique. En ce sens, la déclaration présidentielle ne résiste ni à l’analyse historique ni aux données comparatives.

    Le débat n’est donc pas de savoir si les intellectuels sont utiles, mais de comprendre pourquoi, malgré leur existence, leurs compétences ne sont pas pleinement intégrées dans l’action publique. Une question qui renvoie moins aux intellectuels eux-mêmes qu’aux choix politiques et aux priorités du pouvoir.

    ____________________________________________

    Photo : Évariste Ndayishimiye se prêtant à la moralisation des Bagumyabanga, le 24 janvier dernier à Gitega © DR

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