Une annonce de recrutement attribuée à la Régie de Production et de Distribution d’Eau et d’Électricité (Regideso) circule actuellement dans plusieurs groupes WhatsApp. Le message affirme que l’entreprise serait en « phase de recrutement rapide pour pourvoir plusieurs postes vacants ». Dans un contexte marqué par un chômage élevé au Burundi, cette publication attire l’attention de nombreux demandeurs d’emploi. Mais derrière cette diffusion massive, aucune confirmation officielle n’a été apportée.
Le lien associé à l’annonce redirige vers un formulaire suspect réclamant des informations personnelles. Pour se donner des airs légitimes, la page arbore le logo de la Regideso et le drapeau du Burundi. Pourtant, plusieurs éléments demandés n’ont rien à voir avec les procédures habituelles de recrutement de l’entreprise, laissant fortement penser à une tentative d’hameçonnage (phishing). Cette technique de fraude en ligne consiste à tromper des utilisateurs afin de leur soutirer des données sensibles comme des identifiants de connexion, des numéros de cartes bancaires ou encore des informations personnelles et professionnelles.
1. Aucune communication officielle de la Regideso
À ce jour, ni sur le site officiel de la Regideso (https://new.regideso.bi/), ni à travers ses canaux habituels (communiqués publics, médias nationaux, réseaux sociaux), aucune annonce de recrutement n’a été publiée pour le mois de septembre 2025. Les publications récentes portent essentiellement sur des appels d’offres techniques, des travaux d’infrastructure ou des projets liés à l’accès universel à l’électricité.
2. Une source interne confirme l’absence de tout recrutement
Selon une source interne à l’entreprise, aucun processus de recrutement n’est en cours, ni en interne ni en externe. Aucun appel à candidatures n’a été lancé récemment. Cette information est corroborée par l’absence de toute communication officielle sur les plateformes utilisées habituellement par la Regideso.
3. Les fausses annonces, un phénomène récurrent
De fausses annonces de bourses d’études, de subventions ou de dons circulent régulièrement au Burundi. Elles sont conçues pour pousser les internautes à cliquer sur des liens malveillants et livrer leurs données personnelles. Les fraudeurs usurpent souvent l’identité d’organisations connues telles que la Brarudi, la Regideso, des banques ou encore certains ministères. Par le passé, un média local avait déjà signalé une escroquerie similaire : une prétendue « subvention d’autonomisation des jeunes 2024/2025 ».
4. Un site au nom de domaine frauduleux
L’analyse technique du lien attaché à cette nouvelle annonce révèle qu’il s’agit d’un site hébergé sur un serveur suspect. Le nom de domaine ne correspond à aucune entité officielle et figure dans des bases de données de sécurité comme potentiellement frauduleux. Des outils spécialisés, tels que Bitdefender Link Checker, confirment son caractère douteux.
Ces sites frauduleux imitent souvent des adresses légitimes en modifiant légèrement leur orthographe (exemple : « micros0ft.com » au lieu de « microsoft.com »). Ils sont généralement hébergés sur des serveurs déjà identifiés pour avoir servi à des campagnes de phishing.
Conclusion
Tout porte à croire que cette prétendue annonce de recrutement attribuée à la Regideso relève d’une tentative de phishing. Le principe est simple : le fraudeur se fait passer pour une institution de confiance et envoie un message qui paraît authentique afin d’inciter la victime à cliquer sur un lien ou à fournir des informations sensibles, souvent sous prétexte d’urgence ou de menace.
La vigilance s’impose :
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Ne jamais remplir de formulaires suspects ;
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Ne pas cliquer sur des liens douteux ;
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Se référer uniquement aux sources officielles pour tout ce qui concerne les recrutements, appels d’offres ou programmes d’appui.
À l’ère numérique, la prudence n’est plus une option, mais une nécessité pour se protéger des cybercriminels.
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Photo : Page d’accueil d’un formulaire frauduleux : le logo de la Regideso et le drapeau du Burundi sont utilisés pour tromper les demandeurs d’emploi. © DR
