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    Migration des Burundais : derrière le “succès” officiel, un système d’abus et de traite documenté

    0
    By BURUNDI FACTS on 25 mars 2026 Analyses Approfondies
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    Face à un chômage endémique et une pauvreté galopante, des milliers de Burundais, en majorité des jeunes et des femmes, quittent le pays chaque année, rêvant d’une vie meilleure dans les pays du Golfe ou en Afrique. Le gouvernement présente cette migration de travail comme un succès économique et un levier pour l’émergence du pays, mettant en avant des accords bilatéraux et des recettes substantielles. Pourtant, derrière les chiffres officiels se cache une réalité bien plus sombre. Entre agences de recrutement véreuses, traite d’êtres humains et faillite de l’État protecteur, cet article montre le fossé gigantesque entre les promesses et le calvaire vécu par des milliers de travailleurs migrants.

    La migration professionnelle est devenue un phénomène majeur au Burundi. Poussés par la cherté de la vie et le manque d’opportunités, les départs se multiplient, principalement vers les pays du Golfe (Arabie Saoudite, Oman, Qatar, Émirats arabes unis) et les pays africains voisins (Tanzanie, Kenya, Afrique du Sud). Ce phénomène, officialisé par des accords bilatéraux et géré par des agences de recrutement privées, est présenté par le gouvernement comme une stratégie gagnant-gagnant. Cependant, l’analyse croisée des déclarations officielles, des données chiffrées et des témoignages de victimes dresse un tableau contrasté, révélant un système où l’opportunité économique rime trop souvent avec exploitation et abandon.

    La face cachée du « Succès » économique

    Le gouvernement, par la voix du Ministre des Affaires étrangères, met en avant des chiffres impressionnants pour justifier sa politique.

    • Des chiffres officiels élevés : Le ministère annonce que 642 travailleurs migrants ont été déployés légalement via 64 agences agréées, dont 21.214 en Arabie Saoudite. Les recettes générées sont tout aussi spectaculaires : 10 millions de dollars américains et 10 milliards de francs burundais perçus par l’État, avec la perspective d’envoyer 75.000 travailleurs supplémentaires en Arabie Saoudite dans les cinq prochaines années.
    • L’envers du décor ; le coût exorbitant pour le migrant : La réalité des « bénéfices » est tout autre pour les principaux concernés. En effet, les promesses d’un recrutement gratuit sont systématiquement bafouées. Contrairement aux accords bilatéraux et aux déclarations du Ministre de l’Intérieur en 2022, qui affirmait que les frais seraient pris en charge par l’employeur, les migrants supportent des coûts écrasants.
    • Frais cachés : Cynthia, partie en Arabie Saoudite, a dû débourser plus d’un million de francs burundais (environ 290 euros) pour son passeport, son casier judiciaire, les examens médicaux et la « formation », l’agence ne prenant en charge que le billet d’avion.
    • Corruption : Pire encore, Francine témoigne avoir versé environ deux millions de francs burundais en pot-de-vin à un employé d’agence pour être inscrite sur la liste des candidats au départ.
    • L’État, bénéficiaire indirect : Au-delà des frais de licence astronomiques (100 millions de BIF pour deux ans, caution de 50 millions), l’État perçoit 100 000 BIF par travailleur via un formulaire d’identification selon une note rendue publique en 2022 par le Ministère ayant les affaires étrangères dans ses attributions sur la gestion des agences de recrutement. Avec 17.000 départs, cela représente 1,7 milliard de BIF supplémentaires. Mais le système est bien plus lucratif pour les intermédiaires. Une enquête d’Afrique XXI estime que les agences burundaises ont empoché entre 25,5 et 34 millions de dollars de la part de leurs homologues saoudiennes, qui versent entre 1 500 et 2 000 dollars par tête recrutée en 2025. L’État et les agences s’enrichissent donc sur le dos d’une main-d’œuvre vulnérable, transformée en marchandise.

    Le système de recrutement : une machine à abus

    Le gouvernement assure que la délivrance de licences et les accords bilatéraux garantissent la protection des travailleurs. La réalité contredit formellement ces affirmations.

    • Un cadre légal inefficace : L’accord Burundi-Arabie Saoudite d’Octobre 2021, censé protéger les travailleuses domestiques, est un échec. Il stipule pourtant clairement l’interdiction de faire payer les frais de recrutement au migrant et l’obligation pour le gouvernement de garantir leur bien-être.
    • La traite des êtres humains via les agences : Le système est devenu un vecteur de traite. Des personnalités puissantes, comme le député Jean-Baptiste Nzigamasabo (alias Gihahe) propriétaire d’une agence, ou Paul Ndimubandi (ancien secrétaire général des Imbonerakure) de la SFPPM, sont directement impliquées dans ce commerce.
    • Témoignages accablants : L’histoire de Saidata, 24 ans, décédée en Arabie Saoudite dans des circonstances floues et enterrée sur place faute de moyens pour rapatrier son corps (5 000 € demandés à sa famille), est un exemple parmi tant d’autres. Bahati, elle, a été séquestrée sept mois, malade et sans soins, dans un « bureau » à Riyad car son agence refusait de payer son billet de retour.
    • Violences généralisées : La FENADEB a recensé 92 femmes burundaises victimes de violences graves en Arabie Saoudite pour la seule année 2025. ALUCHOTO et l’ONLCT rapportent des abus sexuels, de la torture, du non-paiement des salaires et des séquestrations. En Août 2024, l’ONLCT tirait la sonnette d’alarme sur 16.286 Burundais, principalement des femmes, victimes de trafic clandestin vers les pays du Golfe selon le Bulletin de Justice de SOS-TORTURE/BURUNDI de Mai 2025.
    • Des « bureaux » de l’horreur : Les centres de liaison en Arabie Saoudite, censés être des lieux de transit, sont décrits comme des prisons où les travailleuses en rupture de contrat sont entassées, sous-alimentées et sans soins. Une migrante témoigne de la tentative de suicide d’une Kényane, désespérée par cette situation.

    L’État protecteur : une absence coupable ?

    Face à ces drames, le gouvernement se retranche derrière des appels à la prudence et à la voie légale, tout en minimisant sa responsabilité.

    • Reconnaissance limitée des faits : Le Ministre Bizimana admet l’existence de « violences, non-paiement et même décès » les attribuant au manque de préparation des migrants, aux barrières culturelles ou aux agences illégales. Il exhorte les jeunes à ne pas passer par ces canaux informels.
    • Inaction face aux agences agréées : Cette position est un aveu de faiblesse, car les témoignages les plus accablants visent des agences pourtant agréées par l’État, comme la SFPPM ou l’agence Eagle du député Gihahe. Que fait le gouvernement contre ces agences légales qui violent les droits humains ?
    • Diplomatie de l’impuissance : Les exemples d’assistance sont rares et souvent insuffisants. Les 4.000 Burundais emprisonnés en Tanzanie pour des infractions administratives sont en cours de négociation pour une libération. Mais face aux drames en Arabie Saoudite, l’action diplomatique semble inexistante ou inefficace. Les critiques de l’OLUCOME, qui dénonce le « mutisme » et le « rôle jugé insuffisant » des ambassades, sont particulièrement sévères. L’organisation pointe l’absence de communication sur les Burundais emprisonnés ou décédés à l’étranger. Le cas de Saidata, dont la famille n’a jamais reçu de photos des funérailles malgré ses demandes à l’ambassade, illustre ce manque criant de considération et de soutien.
    • L’exode des compétences ; un pays qui se vide : Au-delà des travailleurs non-qualifiés, l’inquiétude gagne les plus hautes sphères de l’État. Au Sénat, on s’alarme de l’exode des fonctionnaires : plus de 140 enseignants ont quitté la seule province de Gitega et de nombreux médecins et infirmiers abandonnent leurs postes, laissant des écoles et des centres de santé sans personnel. C’est tout le tissu social et les services publics du pays qui sont menacés par cette saignée humaine.

    Conclusion

    L’analyse des faits révèle un système à deux vitesses. D’un côté, un discours gouvernemental triomphaliste qui ne retient de la migration que les rentrées d’argent et la vitrine d’accords internationaux. De l’autre, une réalité sordide faite d’endettement, de violences, de séquestration et de morts, soigneusement ignorée par les autorités.

    Les « opportunités » vantées par le Ministre se transforment en pièges mortels pour des milliers de jeunes Burundais. Le gouvernement, en fermant les yeux sur les pratiques criminelles d’agences de recrutement pourtant officiellement agréées, et en empêchant toute enquête indépendante, se rend complice d’un système de traite des êtres humains institutionnalisé.

    La migration peut être un facteur de développement, comme le montrent les quelques cas de réussite et les transferts d’argent qui aident des familles à survivre. Mais elle ne peut reposer sur le sacrifice d’une génération livrée à l’exploitation. Face à ce constat accablant, la question n’est plus de savoir si la stratégie gouvernementale est « payante », mais de comprendre pourquoi l’État burundais sacrifie ses citoyens sur l’autel de la realpolitik et de l’enrichissement de quelques-uns, au mépris de sa propre Constitution et des conventions internationales. L’urgence est à la mise en place d’une commission d’enquête indépendante, à la suspension des agences impliquées dans des abus, et à une refonte totale d’un système qui, aujourd’hui, fait de l’émigration un synonyme de désespoir.

    ____________________________________________

    Photo : Des femmes burundaises à l’aéroport international de Bujumbura, prêtes à s’envoler vers les pays du Golfe à la recherche d’un avenir meilleur. © DR

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