Le 25 mars 2025, lors d’une interview accordée à la BBC, le président burundais Évariste Ndayishimiye a affirmé détenir des informations crédibles sur un projet d’attaque du Rwanda contre le Burundi. Il a également accusé Kigali d’armer et de former des réfugiés burundais, en lien avec le conflit en République démocratique du Congo (RDC). Cependant, à ce jour, aucune preuve tangible n’a été rendue publique pour étayer ces allégations.
Ce n’est pas la première fois que le Burundi accuse le Rwanda de soutenir des groupes armés. Depuis la crise politique de 2015, les relations entre les deux pays sont marquées par une profonde méfiance, alimentée par des accusations d’ingérence mutuelle. Chacun soupçonne l’autre de soutenir des mouvements rebelles hostiles à son régime.
Le gouvernement burundais soutient que le groupe armé RED-Tabara, actif dans l’est de la RDC et auteur de plusieurs attaques au Burundi, bénéficie du soutien de Kigali. De son côté, le Rwanda rejette systématiquement ces accusations. Malgré ces déclarations officielles, aucune preuve indépendante n’a jusqu’à présent confirmé une implication directe du Rwanda dans un plan d’attaque contre le Burundi.
La réaction du Rwanda : un rejet catégorique
En rĂ©ponse aux dĂ©clarations du prĂ©sident burundais, le ministre rwandais des Affaires Ă©trangères, Olivier Nduhungirehe, a dĂ©noncĂ© ces accusations sur son compte X, les qualifiant de « malheureuses ». Il a rĂ©affirmĂ© l’importance du dialogue pour rĂ©soudre les diffĂ©rends bilatĂ©raux et prĂ´nĂ© la coopĂ©ration diplomatique comme moyen de stabilisation rĂ©gionale.
Le Rwanda a toujours nié toute implication dans la déstabilisation du Burundi. À l’inverse, Kigali accuse régulièrement Bujumbura de fermer les yeux, voire d’encourager, la présence de groupes hostiles au régime rwandais sur son territoire. Ces accusations mutuelles entravent tout rapprochement durable entre les deux États, malgré plusieurs tentatives au fil des ans.
Un contexte régional tendu
La région des Grands Lacs est depuis longtemps marquée par des conflits transnationaux impliquant de nombreux groupes armés. La porosité des frontières, les tensions politiques et les rivalités historiques ont contribué à cette instabilité persistante.
En février 2022, le président rwandais Paul Kagame avait exprimé sa volonté de normaliser les relations avec le Burundi, affirmant que les différends sécuritaires pouvaient être résolus par le dialogue. Cependant, la crise sécuritaire en RDC a ravivé les tensions. Les deux pays sont soupçonnés de soutenir des factions opposées dans ce conflit, ce qui complique les efforts de réconciliation.
Absence de preuves et conclusion
À ce jour, aucune preuve indépendante et vérifiable n’a été présentée pour corroborer les accusations du président burundais. Les déclarations de Bujumbura reposent uniquement sur des sources officielles, sans élément concret accessible au public.
De son côté, Kigali rejette catégoriquement ces allégations et insiste sur l’importance du dialogue diplomatique. Le ministre rwandais des Affaires étrangères a qualifié ces accusations de « malheureuses » et réitéré l’engagement du Rwanda en faveur d’une résolution pacifique des différends.
Ces tensions s’inscrivent dans un cadre plus large de rivalités historiques entre le Burundi et le Rwanda, exacerbé par le conflit en RDC. Malgré quelques tentatives de rapprochement, la méfiance entre les deux pays demeure forte.
Verdict : NON VÉRIFIÉ
Les accusations du président burundais reposent sur des déclarations officielles, sans preuves factuelles accessibles au public. En l’absence d’éléments indépendants permettant de les confirmer ou de les infirmer, leur validité ne peut être établie de manière définitive. Toutefois, elles s’inscrivent dans un contexte de tensions régionales documentées.
