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    Home » Burundi – Candidature de Macky Sall à l’ONU : que s’est-il vraiment passé ?

    Burundi – Candidature de Macky Sall à l’ONU : que s’est-il vraiment passé ?

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    By BURUNDI FACTS on 28 mars 2026 Fact-checks
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    La tentative solitaire du Burundi d’ériger Macky Sall en candidat continental pour le poste de Secrétaire Générale de l’ONU a rapidement suscité interrogations et tensions au sein de l’Union africaine. Entre absence de consultation, recours à la « procédure du silence » et réactions contrastées des États membres, les versions divergent. Voici ce que l’on sait, à ce stade, des faits établis et des zones d’ombre.

    Le 2 mars 2026, le Burundi, à peine installé à la tête de l’Union africaine, adresse une lettre à New York. L’intention est claire : proposer Macky Sall comme candidat africain au poste de Secrétaire général des Nations unies, en remplacement de António Guterres.

    Quelques jours plus tôt, le 25  février 2026, l’ancien président sénégalais avait été reçu à Bujumbura par Évariste Ndayishimiye. Il était venu solliciter le soutien du chef de l’État burundais, devenu à peine dix jours auparavant président en exercice de l’Union africaine.

    Sur le papier, la séquence semble cohérente : le président en exercice agit et avance un nom. Mais très vite, une question s’impose, simple, presque brutale : au nom de qui ?

    Car en amont, une consultation des cinquante-cinq États membres est censée avoir lieu. Or, à ce stade, rien ne l’indique : ni sommet, ni consensus, ni même alignement discret. La surprise est générale pour plusieurs capitales. Elle est exprimée sans détour par le Sénégal, pays du concerné, dans son communiqué du 27 mars 2026, affirmant n’avoir à aucun moment endossé cette candidature ni été associé à l’initiative menée par le Burundi.

    « Cette candidature est venue comme une surprise pour tous les chefs d’État africains, aucun d’eux n’ayant été consulté », déclare Olivier Nduhungirehe, chef de la diplomatie rwandaise.

    Le test du silence, révélateur des divisions

    Le 26 mars, le Burundi active un outil bien connu des arcanes diplomatiques : la « procédure du silence ». Le principe est simple : en l’absence d’objection dans un délai imparti, la décision est réputée adoptée.

    Le Bureau de la Conférence de l’UA, composé de trois membres, dont le président en exercice, approuve un projet de décision et déclenche une procédure de vingt-quatre heures à destination des cinquante-cinq États membres.

    Mais le mécanisme se heurte rapidement au réel.

    Le verdict est sans ambiguïté : la décision ne passe pas.

    Le 27 mars, à l’expiration du délai, la Commission de l’UA publie un communiqué officiel : vingt États membres ont rompu le silence. Parmi eux, quatorze ont formulé une objection formelle et six ont demandé une prorogation du délai, sans pour autant s’opposer sur le fond.

    Le Burundi, lui, ne recule pas. Par la voix de Willy Nyamitwe, il défend la régularité de la procédure, insiste sur la liberté d’expression des États et reproche au Rwanda un manque de retenue diplomatique, après la prise de position publique de son ministre sur les réseaux sociaux.

    Deux lectures, donc. Deux récits. Et, entre les deux, une même réalité : l’Afrique n’a pas parlé d’une seule voix.

    Une candidature toujours en lice… mais fragilisée

    Dans ce contexte incertain, le camp de Macky Sall rappelle que la candidature reste techniquement valable. Trente-cinq États membres n’ont pas exprimé d’objection — un silence que ses soutiens interprètent comme une absence d’opposition.

    Mais politiquement, le signal est tout autre.

    Au-delà de la procédure, c’est une ligne de fracture qui apparaît : celle d’une Union africaine encore confrontée à une question ancienne, comment produire du consensus sur des enjeux majeurs ? Qui peut engager le continent, et jusqu’où ?

    L’affaire révèle également une réalité plus discrète : dans les équilibres feutrés du système onusien, rien ne se joue en solitaire. Une telle initiative suppose des consultations larges et des appuis solides.

    Certains rappellent d’ailleurs une règle tacite souvent évoquée : le prochain Secrétaire général pourrait être issu d’Amérique latine. Dans ce contexte, avancer un candidat africain sans alignement préalable expose à un risque d’affaiblissement collectif.

    Pour Gitega, l’entrée en scène à la tête de l’Union africaine se fait donc dans le bruit, celui de procédures contestées, de communiqués contradictoires et d’un consensus qui n’a pas suivi.

    ____________________________________________

    Photo : Macky Sall, au cœur d’une initiative controversée portée par le Burundi pour sa candidature au poste de Secrétaire général de l’ONU. © DR

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