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    Home » Burundi : « Aucun Burundais n’est autorisé à vendre une parcelle à un étranger » – que dit réellement la loi ?

    Burundi : « Aucun Burundais n’est autorisé à vendre une parcelle à un étranger » – que dit réellement la loi ?

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    By BURUNDI FACTS on 18 mars 2026 politique
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    Au Burundi, une déclaration du président Évariste Ndayishimiye affirmant qu’aucun citoyen ne peut vendre une parcelle à un étranger a relancé le débat sur l’accès à la terre. Si cette position traduit une volonté affichée de protéger la souveraineté foncière, que dit réellement la loi ? Entre principes constitutionnels, pratiques sur le terrain et inquiétudes des investisseurs, Burundi Facts a vérifié.

    Le 11 mars 2026, devant une assemblée d’administrateurs communaux et de gouverneurs réunis à Gitega, le président Évariste Ndayishimiye a tenu des propos qui ont rapidement dépassé le cadre de la réunion : « Aucun Burundais n’est autorisé à vendre une parcelle à un étranger ». Quelques jours plus tard, le 14 mars 2026, à l’occasion de la journée dite « Umukenyerarugamba Day », il a réitéré ce message avec plus de fermeté, estimant que vendre une terre à un étranger reviendrait à « vendre le pays lui-même ».

    Dans un pays où la terre dépasse largement sa valeur économique, elle incarne l’héritage, la survie et l’identité familiale, ces déclarations ont trouvé un écho immédiat. Mais elles ont aussi suscité des interrogations : s’agit-il d’une règle juridique stricte ou d’un message politique destiné à marquer les esprits ?

    Ce que dit la Constitution

    Pour répondre à cette question, il faut revenir au texte fondamental. La Constitution de 2018, en son article 2, affirme que « le territoire national du Burundi est inaliénable et indivisible ». Cette disposition traduit une volonté claire : préserver l’intégrité du territoire, dans un contexte où la terre est à la fois rare et précieuse.

    Cependant, cette affirmation mérite d’être nuancée. Le texte constitutionnel ne traite pas directement des transactions entre particuliers. Il ne stipule pas explicitement qu’un Burundais ne peut pas vendre une parcelle à un étranger. Il pose plutôt un principe général de souveraineté territoriale, sans en détailler les implications concrètes en matière de propriété foncière.

    Ainsi, le lien établi par le président entre la vente d’une parcelle et la « vente du pays » relève davantage d’une interprétation politique que d’une interdiction formellement inscrite dans la Constitution.

    Une législation foncière restrictive

    Sur le plan légal, la prudence à l’égard des étrangers est néanmoins bien réelle. Au Burundi, la terre est considérée comme un patrimoine national stratégique, au cœur des équilibres sociaux, notamment en milieu rural où elle constitue souvent la principale source de subsistance.

    Dans ce cadre, les étrangers n’ont généralement pas accès à la pleine propriété foncière. Leur accès à la terre passe par l’État, via des mécanismes encadrés tels que les concessions, des autorisations spécifiques ou des droits d’usage. Ce système reflète une volonté claire de maintenir le contrôle sur une ressource jugée vitale.

    Pour une large partie de la population, cette protection est perçue comme nécessaire, afin d’éviter l’accaparement des terres et leur transfert au détriment des communautés locales.

    Une réalité plus nuancée sur le terrain

    Dans la pratique, toutefois, la situation est plus nuancée. Dans certaines villes, notamment à Bujumbura, on observe la présence de projets immobiliers ou d’entreprises liés à des investisseurs étrangers.

    Ces situations s’expliquent souvent par des montages juridiques spécifiques : partenariats avec des nationaux, autorisations étatiques ou régimes particuliers. Elles montrent que, malgré un cadre restrictif, des formes d’accès existent bel et bien.

    Autrement dit, l’idée d’une interdiction totale ne correspond pas entièrement à la réalité. Entre les textes, leur interprétation et leur application, il subsiste une certaine marge de flexibilité.

    Des inquiétudes bien réelles

    Cette zone grise alimente des inquiétudes. Au sein de l’organisation Aluchoto, les déclarations présidentielles ont été accueillies avec prudence.

    Son président, Vianney Ndayisaba, évoque une crainte tangible : celle de voir des investisseurs, parfois installés depuis des années, s’interroger sur la sécurité juridique de leurs biens. Derrière les textes, ce sont des projets, des emplois et des moyens de subsistance qui sont en jeu.

    Pour ces acteurs, l’enjeu dépasse le cadre strictement légal : l’incertitude, à elle seule, peut freiner les investissements et installer un climat de méfiance.

    Comparaison avec d’autres pays de l’Afrique de l’Est

    À l’échelle régionale, les approches varient. Le Rwanda et le Kenya ont opté pour une ouverture encadrée : les étrangers ne peuvent pas posséder la terre au sens strict, mais peuvent bénéficier de baux de longue durée, pouvant aller jusqu’à 99 ans.

    La Tanzanie, à l’instar du Burundi, adopte une approche plus protectrice, où l’État demeure le principal détenteur du foncier. Toutefois, des mécanismes plus structurés y existent pour sécuriser les investissements.

    Ces différences illustrent l’absence de modèle unique. Chaque pays tente de concilier protection du territoire et attractivité économique.

    Entre protection et attractivité économique

    Au Burundi, cet équilibre reste fragile. Protéger la terre, c’est protéger les populations, limiter la spéculation et préserver un héritage collectif. Mais une économie moderne nécessite aussi des investissements, souvent portés par des acteurs étrangers.

    Sur le terrain, cette tension se traduit parfois par des contradictions : des règles strictes en théorie, mais des pratiques plus souples dans les faits. Cette dualité peut nourrir la confusion, voire un sentiment d’arbitraire.

    Les propos du président s’inscrivent clairement dans une logique de protection. Toutefois, leur caractère absolu peut accentuer les incertitudes, notamment chez les investisseurs ou ceux qui cherchent à comprendre les règles en vigueur.

    Conclusion : une affirmation à nuancer

    Au final, affirmer que « aucun Burundais n’est autorisé à vendre une parcelle à un étranger » est à la fois vrai et trompeur.

    C’est vrai dans l’esprit du système, qui limite fortement l’accès direct des étrangers à la propriété foncière. Mais c’est trompeur si cette affirmation est interprétée comme une interdiction totale, sans exception ni mécanisme alternatif.

    La réalité est plus nuancée : la loi encadre, restreint et contrôle, sans pour autant fermer complètement la porte.

    Et dans un domaine aussi sensible que la terre, cette nuance est essentielle.

    ____________________________________________

    Photo : Le président Évariste Ndayishimiye quu a affirmé qu’aucun Burundais ne peut vendre une parcelle à un étranger, relançant le débat sur l’accès à la terre au Burundi. © DR

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    À une époque où les fausses informations prolifèrent non seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les médias traditionnels (radio, télévision, journaux) au Burundi, et où certaines personnalités publiques usent d’un discours versatile pouvant induire la population en erreur, il est du devoir de chacun de se consacrer à la vérification des faits.

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