Contrairement aux informations largement relayées sur les réseaux sociaux, la réouverture de la frontière Gatumba–Kavimvira entre le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC) n’est pas imminente. Les autorités burundaises ont formellement démenti toute date annoncée, notamment celle évoquant une reprise des échanges frontaliers d’ici le 2 février 2026.
Lors d’une réunion tenue le 29 janvier 2026, consacrée à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC et à l’accueil des réfugiés congolais, le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, s’est adressé aux missions diplomatiques, aux ONG internationales opérant au Burundi ainsi qu’aux professionnels des médias.
Il a clairement indiqué que la frontière entre le Burundi et la RDC restera fermée tant que les conditions de sécurité ne seront pas réunies, soulignant notamment que le groupe armé AFC/M23 est toujours présent dans la ville d’Uvira, du côté congolais.
Ces déclarations interviennent alors que, ces derniers jours, des messages massivement partagés sur les réseaux sociaux affirment que la frontière Gatumba–Kavimvira serait rouverte au plus tard le 2 février 2026. Aucune source officielle ne confirme cette information, qui doit donc être considérée comme fausse à l’état actuel.
Pas de retrait réel du M23 à Uvira, selon les autorités burundaises
Le ministre Bizimana a également démenti les informations faisant état d’un retrait de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira. Selon lui, les mouvements observés récemment relèvent davantage de manœuvres de dissimulation et de repositionnement tactique, et non d’un retrait réel, durable et vérifiable.
Il a par ailleurs expliqué que certains individus pourraient exploiter l’étiquette “M23” pour infiltrer le territoire burundais, ce qui constituerait une menace directe pour la sécurité nationale.
Le ministre Bizimana a également attiré l’attention sur la présence de groupes rebelles burundais opérant depuis la RDC, notamment RED-Tabara et le FNL dirigé par Aloys Nzabampema. Ces groupes auraient été signalés dans la plaine de la Rusizi, à proximité de la frontière burundaise. « Des tentatives d’infiltration ont été déjouées, et aucun passage effectif n’a été enregistré sur le territoire burundais. » a-t-il signalé.
Une frontière fermée depuis décembre 2025
Depuis le mercredi 10 décembre 2025, le Burundi a officiellement fermé sa frontière avec la RDC. Cette décision, prise dans un contexte de forte instabilité sécuritaire à l’Est de la RDC, a donné lieu à de nombreuses rumeurs sur les réseaux sociaux.
Alors que le pays accueille déjà des milliers de déplacés congolais en provenance d’Uvira, les autorités burundaises justifient cette fermeture par la nécessité de prévenir toute tentative d’intrusion armée. Toute information contraire est qualifiée de désinformation par le ministre Édouard Bizimana.
Déclaration du CNDD-FDD
Le 2 janvier 2026, le secrétaire général du CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo, a déclaré que la frontière entre le Burundi et la RDC serait rouverte en même temps que celles entre le Burundi et le Rwanda. Il a affirmé devant la presse :
« Le M23, c’est le Rwanda. Si le Rwanda prend la ville d’Uvira, la frontière de Gatumba–Kavimvira sera fermée, comme celles de Gasenyi ou de Ruhwa. Ceux qui veulent se rendre à Uvira devront prendre l’avion, pas la voie routière. Le pays doit être protégé par tous les moyens. Ne prenez pas les choses à la légère. »
Conclusion
Non, la réouverture des frontières entre le Burundi et la RDC n’est pas pour bientôt. Toute annonce faisant état d’une réouverture imminente relève, à ce stade, de la désinformation. La position officielle du Burundi reste strictement conditionnée à une amélioration réelle, durable et vérifiable de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
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Photo : Barrière à la frontière Gatumba–Kavimvira, toujours fermée depuis décembre 2025. Contrairement aux rumeurs, aucune date officielle de réouverture n’a été annoncée par les autorités burundaises. © DR
