La nouvelle défraie la chronique des médias locaux et régionaux. En marge de la présentation du rapport annuel de l’institution de l’Ombudsman, Daniel Gélase Ndabirabe a fait des révélations fracassantes. Il a parlé des menaces pesant sur cette personnalité. Lors d’une conférence de presse, l’Ombudsman Aimée Laurentine Kanyana vient de « rassurer l’opinion publique » en affirmant qu’elle est en sécurité et qu’elle collabore étroitement avec toutes les institutions du pays, avant de s’en prendre à la presse.
L’Ombudsman a présenté son rapport annuel de l’institution devant les élus du peuple ce mercredi 28 janvier 2026. La session se déroule à merveille jusqu’à la séance des questions-réponses. Les députés interviennent pour en savoir plus sur le fonctionnement de cette institution et son rôle de médiateur entre l’État et les citoyens. C’est à ce moment-là que les journalistes présents dans la salle s’intéressent aux propos du très honorable président de l’Assemblée nationale.
Tout d’un coup, Daniel Gélase Ndabirabe fait des révélations fracassantes. Il évoque les mécontentements des uns et des autres sur le travail de l’Ombudsman. « La mission de l’ombudsman est complexe. Elle fait face à de nombreux obstacles. Vous avez attendu qu’elle est l’objet d’un acharnement judiciaire qui visait son arrestation. Au lieu de la surcharger avec vos interrogations, il faillait voler à son secours. Si vous étiez à sa place, vous auriez déjà démissionné », fait remarquer Ndabirabe.
L’ombudsman Kanyana se tire une barre dans le pied
Dans son intervention, Aimée Laurentine Kanyana a déclaré qu’il y a ceux qui n’apprécient pas son travail. Elle a fait l’objet d’intimidation pour avoir osé dénoncer des manquements au niveau de l’appareil judiciaire. « Si c’était possible d’arrêter un ombudsman en fonction, ça serait déjà fait. Certaines personnes voudraient abuser de leur pouvoir pour me faire du mal ou me mettre derrière les barreaux. Ma seule infraction était d’avoir dénoncé ce qui ne marche pas dans leurs institutions », concède-t-elle.
Les déclarations de menaces qui pèsent sur cette personnalité n’ont pas passé inaperçues dans la sphère médiatique. Très vite la nouvelle défraie la chronique des médias. La toile s’enflamme avec de nombreuses réactions qui fusent de partout. Le lendemain, l’Ombudsman Aimée Laurentine Kanyana convoque la conférence pour réagir vigoureusement aux informations diffusées sur les médias. Elle a nié catégoriquement qu’elle n’a pas fait mention de menaces de la part des personnes intouchables – ibihangange. « Les députés ont apprécié le contenu du rapport et le travail de mon institution. Le président de l’Assemblée nationale n’a jamais mentionné ce mot. Aux médias qui en ont fait usage, de le retirer », s’exclame-t-elle.
La presse encaisse les coups
Elle en a profité pour donner des leçons de déontologie aux journalistes. « Je vous ai pardonné pour que vous puissiez vous ressaisir. Il y a des médias mal intentionnés qui veulent diffuser des informations qui sèment la panique », dénonce Mme Kanyana tout soulignant le rôle des médias dans la crise sociopolitique de 2015.
Cette situation risque d’attiser de nouveau le climat de méfiance entre les professionnels des médias. « Si vous voulez collaborer avec les institutions publiques, apprenez à travailler de manière professionnelle… », a glissé Mme Kanyana.
Ce coup de théâtre révèle de l’action délibérée de faire peur aux journalistes. Les médias avaient pris soin de reprendre mot à mot les déclarations faites à l’Assemblée nationale. L’ombudsman a tort, elle devrait assumer les propos tenus devant les élus du peuple. Elle a voulu réagir pour diluer les révélations précédentes par des mensonges.
Verdict : Après vérification des éléments sonores enregistrés hier à l’hémicycle de Kigobe, le constat est sans appel. L’Ombudsman Kanyana a menti au grand jour. Lors de son intervention à la session plénière, elle faisait allusion à la pression de l’ancien procureur général de la République. C’est pourquoi, elle a salué la décision du chef de l’État de faire le ménage dans le domaine de la justice.
Conclusion
Au fond, cette histoire fait émerger les dysfonctionnements au sein du parti de l’aigle qui menace désormais l’appareil étatique. Les observateurs avisés parlent d’un deep state qui opère dans l’ombre pour influencer les grandes décisions. L’autre leçon est que les autorités appliquent difficilement les techniques de communication politique. On ne s’adresse pas au public n’importe comment : il faut trouver les bons mots et éviter des déclarations sujettes à des scandales.
En début de ce mois, le président du parti s’est moqué du ministre des finances qui alertait pour sa sécurité. « Il a des gardes qui assurent sa sécurité, quoi d’autre ? À moins qu’il souhaite une sécurité rapprochée des agents célestes », dixit Révérien Ndikuriyo.
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Photo : L’Ombudsman Aimée Laurentine Kanyana présente son rapport devant les députés à l’hémicycle de Kigobe. © DR
